Anne Paceo : une voix qui percute

Bright Shadows (*), nouvel album de Anne Paceo, est un disque de belle facture où la chanteuse et percussionniste échappe à tous les catalogues.

Alliant son chant à celui d’Ann Shirley et Florent Mateo, Anne Paceo ose bien des rythmes sur Bright Shadows(*), un disque lumineux et à la vaste inspiration où se mêlent folk, électro, pop et jazz bien sûr. « La voix et la percussion renvoient à l’originel, au primaire. Associer trois voix à ma batterie était une manière de revenir à la source, au commencement » dit-elle.

Évoquant aussi bien l’intime – dans la question posée sur l’amour dans le très beau Hope is a Swan – que les crises migratoires (Stranger)  ou encore une figure de la guerrière zimbabwéenne Nehando dans la très belle chanson du même nom – « J’ai choisi d’inventer une langue imaginaire et incantatoire pour lui rendre hommage », dit-elle –  Anne Paceo a de l’audace. Et cette audace se révèle payante tant ce nouvel album vous emporte loin et vite.

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Bertrand Belin ou l’art de l’épure

Nouvel (et sixième) album de Bertrand Belin, Persona (*) confirme le coup de griffe plus que personnel de l’artiste dont la diction et la manière de chanter sont si particulières.

Tout le monde le souligne : le phrasé et la voix si chaude et particulière de Bertrand Belin vous accrochent dès la première écoute du disque. Persona est d’évidence un album très personnel d’un artiste qui aime explorer tous les genres : outre les musiques de film, il vient aussi de publier Grands carnivores, son troisième roman, chez P.O.L. L’homme a l’art des raccourcis et résume ainsi sa manière d’écrire : « Ce que je chante c’est ce que je vois, ce que j’écris c’est ce que je pense… »

Dans ce nouvel album sur lequel plane l’ombre d’un Alain Bashung, mort il y a dix ans et qui avait le même amour des jeux sur les mots et sur les sonorités verbales, Bertrand Belin évoque des thèmes chers à lui : la fuite du temps, la dureté du monde, la solitude…

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Les voyages de deux guitares

D’une rive à l’autre, c’est la rencontre de deux grands guitaristes – Marylise Florid et Sylvain Luc – qui marient , dans une belle osmose,  partitions classiques, latines et compositions personnelles. Un disque d’une grande musicalité.

Deux guitares unies par la même passion pour célébrer les univers musicaux les plus divers : Marylise Florid et Sylvain Luc marient dans D’une rive à l’autre(*) des interprétations de morceaux classiques pour la guitaretelle la magnifique Sarabande de la partita n°1, de Jean-Sébastien Bachà des compositions personnelles (La Promesse; Labyrinthe Arlequin) , via des incursions dans le répertoire brésilien (Choro da saudade) et espagnol (Andalise).

D’un morceau à l’autre, le duo parvient à offrir des interprétations aussi pures que fluides, mettant  leur style respectif au service d’un univers musical métisse. Présentant leur travail sur la pochette, Richard Galliano, un des grands accordéonistes contemporains, parle d’une « véritable médecine musicale pour guérir nos maux de l’âme. »

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Bjørn Berge: le blues venu du froid.

Who Else ?, c’est le cri de guerre d’un sacré guitariste venu de Norvège : Bjørn Berge. Un blues viking qui décoiffe.

Le cheveu est long, la barbe bien taillé. Né à Haugesung en Norvège en septembre 1968, Bjørn Berge a fait de la solitude une image de marque dans son pays natal. Chanteur et guitariste, il est chez lui rarement accompagné de musiciens.

Depuis deux décennies, l’homme a marqué de son empreinte le blues européen. C’est en décembre 2004 que Bjørn a marqué, chez nous,  la grande scène des Transmusicales de Rennes en se produisant seul, une fois de plus,  devant plusieurs milliers de personnes.

Pour toute arme dans cette formule,  l’artiste disposé d’une guitare acoustique douze cordes et d’un battement de pied régulier et puissant en guise de grosse caisse. Voix caverneuse et jeu puissant à la gratte, Bjørn Berge peut aussi bien enflammer son monde de ses blues que par les reprises de Motorhead (Ace of spades) et des Red Hot Chili Peppers (Give it away).

S’il avait prévu d’enregistrer son 13ème album plus tôt, une tournée avec le grand groupe norvégien Vamp a différé son projet. Après cette parenthèse musicale, il s’est remis à la tache prévoyant que Who Else ? serait, une fois encore, une œuvre en solo. Lire la suite « Bjørn Berge: le blues venu du froid. »

Marjolaine Piémont : qui s’y frotte…

Sans le superflu, c’est la carte de visite sonore de Marjolaine Piémont, une artiste qui manie l’humour avec parcimonie pour dire ses colères et ses émotions. Une belle surprise.

Marjolaine Piémont est une artiste culottée. Du culot, il lui en faut pour terminer son album, Sans le superflu » par une chanson Vieille, où il est question d’une nonagénaire qui a « un amant« , mais pas n’importe lequel ! Son doux nom ? Alzheimer ! Pour Marjolaine Piémont, tous les sujets sont bons à chanter à partir du moment où l’on y met un peu d’humour et de distance.

Tombée il y a quelques lustres dans l’univers de Barbara, cette dame brune a appris le métier sur scène, notamment au Japon où elle a proposé une tournée Hit Songs de chansons françaises à travers tout le pays du Soleil Levant. Plus tard, elle a fait partie de belles équipes, que ce soit  Sol en Cirque ou encore Mozart l’Opéra Rock. Le vrai déclic pour la chanson viendra de ses rencontres avec des artistes comme Vincent Baguian, Phil Baron ou Aldebert. Lire la suite « Marjolaine Piémont : qui s’y frotte… »

Caroline Loeb en route avec Sagan

Présentée comme « une lettre d’amour » à l’auteure, Comme Sagan  marque le retour de Caroline Loeb à la chanson. Une « rencontre » qui a changé sa vie et qu’elle célèbre de belle manière.

Françoise Sagan n’était pas l’auteure de chevet de Caroline Loeb. Elle l’a rencontrée grâce à Alex Lutz avec lequel elle avait élaboré son précédent spectacle musical dédié à une autre figure forte de la littérature française : George Sand. Elle raconte : « Il me parlait régulièrement d’elle, de son style tellement particulier fait de légèreté et de profondeur. » Pour passer à l’acte musical, il fallait une étape de plus : celle de la lecture de Je ne renie rien, recueil de ses interviews. L’idée du spectacle Françoise par Sagan s’imposait (mis en scène par Alex Lutz) et elle fait une tournée avec depuis trois ans dont le succès ne se dément pas.

Avec son disque Comme Sagan (*), Caroline Loeb s’attache, cette fois, à l’auteur de chansons pour Gréco, Mouloudji… On y retrouve les mots d’amour de Sagan, son sentiment de solitude aussi avec des chansons comme la mélancolique Maisons louées, avec ce refrain. « De tes maisons louées tu t’en vas d’un air fier/ Tu te crois regrettée en partant la première/ Dans ces maisons louées, tu laisses derrière toi/ Deux, trois ans de ta vie, et un peu de ta voix. » Les paroles d’une jeune femme qui aimait plus que tout bouger et dont la phrase leit motiv fut longtemps : «Tu viens ? On s’en va». On y retrouve encore Sans vous aimer, mis en musique par Michel Magne et créée par Juliette Gréco en 1955. « Sans vous aimer/ Je n’ai jamais rien cru/ De ces mots, de vos lents baisers/ Et si jamais votre cœur l’eût voulu/ Oubliez, oubliez cet été. » Ou encore la description saisissante d’une « ville édifiée » dans Bonjour New York.

COMME SAGAN – CAROLINE LOEB

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La pop élégante d’Antoine Sahler

En 14 chansons et six interludes, non dénués d’humour, Antoine Sahler signe un nouvel album espiègle (*) où il aborde, sans jamais monter la voix, bien des thèmes. Le tout porté par une partition pop élégante.

Né à Montbéliard en 1970, Antoine Sahler est un personnage atypique. Il est notamment un  vieux complice d’un certain François Morel, rencontré par l’intermédiaire de Juliette,  avec lequel il a conçu deux albums et spectacles de chansons (Le soir, des lions, en 2010 et La Vie, titre provisoire, en 2016). Ancien élève d’HEC – où il devait s’ennuyer ferme quand on connaît un peu son univers- celui a qui fait ses gammes musicales en apprenant le piano classique dans son village de Valentigney dans le Doubs, a, depuis ses chères études, multiplié les aventures musicales. Il est notamment aussi l’auteur de deux livres-CD pour la jeunesse, chez Actes Sud Junior (La Tête de l’emploi et La Colonie des Optimistes). Et il a enfin créé un label, le Furieux, qui réunit des artistes comme Armelle Dumoulin et Wladimir Anselme.

Pour son retour sur le devant de la scène et en chansons, après dix ans sur d’autres terrains artistiques, Antoine Sahler a su, musicalement, bien s’entourer avec des complices tels Raphaël Séguinier à la batterie (Arthur H…) et Thibaud Defever à la guitare. Entre autres. Ensemble, il créent un univers pop, parfois mêlé d’une rythmique brésilienne. Le tout étant ni tape à l’œil, ni tristounet. Juste élégant.

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Le dernier « cadeau » de Gianmaria Testa

Il aurait du fêter ses 60 ans le 17 octobre dernier. Disparu en 2016, Gianmaria Testa, le plus francophone des chanteurs italiens, nous revient dans Prezioso(*), un album posthume qui nous fait pénétrer dans l’atelier de cet artiste inspiré et délicat.

Auteur, compositeur, interprète mais aussi chef de gare, Gianmaria Testa a été fauché par la camarde alors qu’il avait encore bien des mélodies à imaginer sur les cordes de sa guitare folk.

Sa compagne, Paola Farinetti a décidé d’offrir un « dernier cadeau » aux amateurs de l’univers de Testa en sortant cet enregistrement minimaliste et pour cause. Sur la pochette, elle écrit : « Le point de départ est constitué d’enregistrements imprécis, pour la plupart réalisés sur un Zoom, pour les nécessités de dépôt à la Siae (SACEM italienne) ou pour les faire écouter à d’autres artistes, avec un seul instrument comme accompagnement. »

À l’écoute, on a ainsi le sentiment de plonger dans le laboratoire de l’artiste qui pose sa voix sur une mélodie comme le peintre définit une couleur sur sa palette. Dès l’ouverture, on découvre un inédit Povero Tempo Nostro, portrait sans pitié de notre société et aussi hymne à la Terre. On y trouve encore la version magnifique de sobriété de Questa pianura, version italienne du Plat Pays, de Jacques Brel. Comme si le Pô rejoignait symboliquement, par la grâce d’une adaptation, l’Escaut. Lire la suite « Le dernier « cadeau » de Gianmaria Testa »

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