Maud Lübecl et les vertiges de l’amour

Elle avait chanté la rupture dans Toi non plus en 2016. Elle chante la cristallisation de l’amour en revenant sur les ondes avec Divine (*). Maud Lübeck nous offre une carte du Tendre moderne.

Presque entièrement dédié à un nouvel amour, Divine, nouvel opus de Maud Lübeck, nous plonge dans l’intime du sentiment amoureux. La chanson-titre de l’album qui ouvre ce voyage évoque la rencontre qui paralyse, fascine. Le coup de foudre assassin.  « Divin hasard qui m’a conduit ce soir/ À ton regard » murmure la chanteuse.

D’une voix haute, mélancolique mais jamais plaintive, Maud Lübeck déroule dans cette « chronique d’une rencontre »  – c’est le sous-titre de son disque-  toutes les étapes d’une histoire d’amour avec, au final, le secret espoir que cela ne s’arrête pas dans Dernier amour.

En neuf chansons, neuf variations, la chanteuse écrit, dans une apparente simplicité, l’urgence du sentiment amoureux et sa fragilité aussi. Dans Cœur, soutenu par un chœur presque mystique de Maissiat, Maud Lübeck lance tout « simplement » : « Prends soin de moi ou je meurs. » C’est direct, et c’est clair. Lire la suite « Maud Lübecl et les vertiges de l’amour »

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Du haut des Falaises…

Groupe Indie Pop parisien, Falaises a su avec They Are Here (*), d’emblée marquer les ondes. Et le groupe sait aussi se montrer inventif dans ses clips.

Puissante et posée, la voix d’Alice est un des atouts de Falaises qui livre avec They Are Here, une pop synthétique de belle tenue.

S’inspirant de ce qu’avait de fort la musique des années 80, sans tomber dans le plagiat pur et simple ou les résonances nostalgiques, le quatuor – outre Alice au chant, il y a Guillaume aux guitares, Baptiste à la basse et Pierrick qui tient la batterie – surfe sur un cocktail musical qui mêle allégrement pop-rock et électro-pop. A l’écoute, on peut passer d’un titre enlevé comme Boy, offert en deux versions, qui invite à la danse à une ballade apaisée telle la chanson They Are Here.

Ce qui touche dans cet opus du groupe, créé en 2016, c’est l’apparente simplicité qui confère à l’ensemble un côté direct et pur. Avec, au détour d’un sillon, des mélodies à la belle énergie comme dans Hush. Bref, Falaises ne s’enferme pas dans un univers monolithique. Lire la suite « Du haut des Falaises… »

Les chants rebelles de Mélissa Laveaux

Loin d’être une inconnue des ondes, Mélissa Laveaux signe, avec son troisième album, Radyo Siwel (*), un disque où elle interprète, en créole, des chansons traditionnelles d’Haïti, de 1915 à 1934. Un hommage à un peuple qui lutte.

Auteure-compositrice-interprète canadienne d’origine haïtienne, Mélissa Laveaux sait, de sa voix acidulée, embarquer son monde dans des interprétations personnelles.

Depuis Dying Is A Wils Night, sorti en 2013, avec des morceaux désormais célèbres comme Postman,  elle a pris son temps pour célébrer la mémoire du Haïti de ses ancêtres. Bien entourée par  le  trio français reconnu du nom d’A.L.B.E.R.T., – Vincent Taurelle, Ludovic Bruni et Vincent Taeger – ainsi que du musicien trinidadien canadien Drew Gonsalves, de Kobo Town, qui signe une collaboration remarquée à la guitare et au tres,  Mélissa Laveaux a choisi de revisiter les chansons remontant à l’occupation américaine entre 1915 et 1934, mais en y mettent sa touche de modernité.  « C’est un épisode de l’histoire d’Haïti, c’est de la chanson haïtienne, mais le thème de l’envahisseur est universel » dit la chanteuse trilingue (anglais, français et créole) qui, pour la première fois, chante tout un album en créole.

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Les bonnes notes de Lavilliers

Plusieurs générations de musiciens  sortent  vainqueurs de l’Académie Charles Cros, qui récompense, chaque année, les disques et DVD français. Outre le vainqueur de l’année,  Bernard Lavilliers, Clara Luciani et le duo Bigflo & Oli sont du palmarès.

Un après la sortie de son 21e album, 5 minutes au paradis, suivi de plusieurs concerts, en France, à la salle Pleyel notamment, comme à l’étranger, Bernard Lavilliers, fringant septuagénaire, a reçu le prix de l’Académie Charles Cros pour l’ensemble de sa carrière. Un prix mérité quand on mesure à quel point l’auteur de Stand The Ghetto a marqué la mémoire collective avec des chansons comme Les Mains d’or, Noir et Blanc, Les Barbares ou encore Betty. Ce n’est pas trop tôt quand même ! Un artiste qui garde toujours l’esprit rebelle et lançait récemment : « Je vois peut-être les choses moins brutalement parce que j’étais un militant anarchiste assez radical ! Mais au fond du fond, je suis resté le même… en plus vieux ! »

Côté scène, se partagent le prix le duo de rappeur toulousain qui monte, monte, les frères Bigflo et Oli (qui viennent de sortir leur troisième album, La Vie de rêve) et Clara Luciani, remarquée par La Grenade.

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Quand Léo faisait ses premiers pas

Avec le coffret La Vie Moderne/ 1944-1959(*), Mathieu Ferré, l’aîné de la famille, nous fait découvrir les premiers pas d’un artiste qui a conçu une œuvre monumentale. Retour sur le passé.

Le choix de pochettes originales pour illustrer l’habillage du coffret de cette Vie moderne en fait  déjà un très bel objet. Quatorze CD composent cette première partie de l’œuvre intégrale enregistrée de Léo Ferré (trois autres devraient suivre). Ce sont les années où « la fin du mois revient sept fois par semaine« , celles de la « pitance incertaine » qu’il figera en chansons dans la superbe Vie d’artiste. Autrement dit, les années difficiles où l’artiste tâtonne, connaît la mouise aussi entre 1944 et 1959.

Depuis que cette partie de l’œuvre est dans le domaine public, Mathieu Ferré a pu se lancer dans cette nouvelle aventure comme il le souhaitait. Dans une interview sur Culture box, il dit : « Je l’ai fait à ma façon, en essayant de rester au plus près de ce qu’était la discographie originale. En reproduisant les pochettes, en mettant les titres dans l’ordre où ils étaient au moment de la sortie du vinyle, de retrouver cette impression que pouvait avoir quelqu’un qui achetait le nouveau disque de Ferré en 56, ou en 55… il allait chez un disquaire et il achetait le vinyle, il rentrait chez lui, il l’écoutait, il avait une sensation, une émotion, un ressenti particulier. »

Il est vrai, la publication en 1993 des Années Odéon avait déjà offert au grand public l’essentiel de ces premières chansons parmi lesquelles figurent la première version de futurs classiques comme Graine d’ananar, Le Pont Mirabeau ou encore Pauvre Rutebeuf. Là, où le présent coffret apporte du neuf, c’est dans les albums d’inédits où l’amateur peut découvrir certaines pépites. Lire la suite « Quand Léo faisait ses premiers pas »

Andreel : la cause des femmes

Sous des rythmes langoureux, Andreel sort avec L’Étrangère, un sixième album de très belle facture. Où il n’hésite pas à défendre la cause des femmes.

L’Étrangère a été inspiré à Andreel par le film éponyme  de Feo Aladag qui racontait le destin d’une femme fuyant Istanbul avec son fils pour échapper à un mari violent et rejoindre sa famille en Allemagne. Marqué par ce film, l’artiste a proposé à l’actrice Sibel Kekilli (vue dans Game of Throne)d’enregistrer ce texte en duo.

Plus loin,  dans les vers ironiques de J’en ai assez, il évoque encore les cris de la voisine « qui crie tous les soirs quand son mari la bat. » avant de lancer : « Prouvez-moi messieurs/ Que vous n’êtes pas comme eux ! ». Ou alors,  jouant sur les sons et les images, il se glisse dans la peau d’une femme pour dire combien la générosité maternelle n’a pas de prix dans ces sociétés de l’indifférence, même si le combat pour la dignité et le respect est une lutte quotidienne , jamais gagnée(Tu as de l’amour).

Une autre actrice figure au générique de cette Étrangère- Lolita Chammah (qui avait déjà œuvré avec Benjamin Biolay en 2014 au générique de Gaby Baby Doll – sur Un moment excellent, une douce chanson d’amour, délicatement sensuelle.

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Le Boss : le solo lui va bien

En octobre 2017, Bruce Sprinsgsteen lançait une série de récitals en solo dans un petit théâtre de Broadway, le Walter Kerr, une salle de mille places inaugurée en 1929. Un album « live », Springsteen on Broadway (*) porte trace d’un show en forme de promenade autobiographique.

Ce n’est pas pour s’adonner à une quelconque comédie musicale que Bruce Springsteen a installé ses guitares et un piano au Walter Kerr, de Broadway où fort du succès – les places se sont même arrachées à des prix indécents au marché noir – le récital fut prolongé à trois reprises jusqu’à la mi-décembre. Loin des stades où le boss a coutume de se produire, il a opté pour une forme de récit solitaire de son odyssée rock’n’roll.

Son Springsteen on Broadway(*) témoigne de longues apartés avec un public aux anges et qui sont comme des prolongements de son autobiographie récente Born to run. Car, entre chansons, Bruce livre des souvenirs avec un sens consommé de l’anecdote et sans perdre un sens certain de l’humour. Ainsi quand il dit lors d’une pause : « J’ai connu un succès incroyable, et absurde, en écrivant sur des choses dont je n’ai jamais eu la moindre expérience pratique. Tous, je vous en remercie beaucoup. »

A l’écoute de l’opus, on a le sentiment que le Boss est venu jouer de la gratte chez vous en vous dévoilant des pans entiers de sa drôle d’existence et en puisant dans les tous les rayons de sa mémoire discographique avec un sens consommé de la mise en scène et de l’anecdote choisie. Lire la suite « Le Boss : le solo lui va bien »

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