Le folk apaisant de Frédéric Bobin

Après avoir fait des études universitaires consacrées à  Boris Vian, il n’est pas illogique de passer à la chanson. La preuve avec Frédéric Bobin qui sort un nouvel album folk à la douce beauté :  Les Larmes d’or (*). Un titre poétique à l’image d’un album ciselé…

Silhouette longiligne, moustache discrète et bouc en rapport :  sur la pochette de son disque, il y a quelque chose d’un mousquetaire dans la dégaine de Frédéric Bobin, ce natif de Bourgogne installé à Lyon et qui a commencé de chanter en 2003. Une activité qu’il n’a cessé de pratiquer depuis avec même un intermède africain, en 2008,  et une résidence au Sénégal pour la création d’un spectacle de danse contemporaine – The Scales of Memory –  dont il co-signa la musique avec le compositeur Laforest.

Les Larmes d’or porte la signature d’un musicien et interprète (son frère Philippe signe les paroles) qui prend son temps d’évoquer les choses et préfère le dépouillement d’un folk bien tempéré aux déluges de décibels d’un rock assourdissant. L’univers musical de Frédéric Bobin est intimiste entre la batterie et la basse, tenues par Mikael Cointepas; le violoncelle d’Hélène Piris, qui donne également de la voix dans les chœurs et l’harmonica de Vincent Dupuis ( qui fait quelques merveilles sur des titres comme Jimmy et Les Étreintes intermittentes), l’artiste se réservant le jeu à la guitare et autre guitare slide.

En adepte d’un Dylan ou mieux d’un Cohen, mais nourri aussi aux textes d’un Souchon, Frédéric Bobin n’assène pas dans ses chansons mais suggère. Ne comptez pas sur lui pour vouloir changer le monde avec une seule chanson  : en revanche, il pense que l’art peut modifier, par petites touches, le monde tel qu’il ne va pas. Et, il le souligne dans des chansons comme Les Larmes d’or« C’est un homme/ Qui transforme/ Ses chagrins/ En doux refrains » – ou encore Musique blessée de belle facture où il évoque « une musique des bas-fonds/ Qui a toujours dit non ». Il dit d’ailleurs : « La musique a fait de moi ce que je suis. »

Humaniste, Frédéric Bobin sait aussi replonger dans ses souvenirs d’enfance pour évoquer la transmission dans Le soir tombe et cette belle évocation : « Le soir tombe/ Sur les berceaux et sur les tombes/ Que restera-t-il de nos peines/ De nos espoirs, de nos « je t’aime » ? Il est aussi question de survie du monde dans l’évocation de cette Goutte d’eau, qui ne connaît pas de frontières à l’heure où la planète brûle.

Il y a vraiment de belles chansons dans la besace de cet artisan de la musique qui les concocte à petites touches dans des arrangements simples et efficaces. Et dont l’univers musical peut rappeler parfois les versions dépouillées d’un Johnny Cash. Une chose est sûre : en compagnie de son frère, Frédéric Bobin sait décrire des petites tranches de vie, comme le prouve Super 8 une chanson en forme de film, en forme de flash back sur une vocation. « Je prends une guitare/ En guise de poignard. »  En son temps, Higelin ne chantait-il pas : « Est-ce que ma guitare est un fusil ? »

Le folk blues de Frédéric Bobin mérite toute notre attention avec, au détour d’un sillon, le beau duo en compagnie de Kent : Tant qu’il y aura des hommes. Et tant qu’il y aura certains chanteurs, la vie méritera d’être rêvée…

(*)Inouïe Distribution

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