2018 : Y en a marre !

Toujours tonique de terminer une année morose par une note tonique. Surtout quand elle exprime une révolte. Après un tel millésime, le Y en a marre, griffé Léo Ferré, s’imposait, non ? Allez, finissez bien ce millésime en conservant un désespoir vigilant…

Et pour une touche plus latino, un petit tour par Moustaki avec Marta Contreras, voix magnifique.

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Avec Ibrahim Maalouf, Paris est une vraie fête…

En décembre 2016, Ibrahim Maalouf signait un concert spectaculaire à l’Accord Hotels Arena, nouveau nom commercial du vieux Bercy. 4 heures d’un spectacle magique aujourd’hui restitué dans un coffret 14.12.16 – Live in Paris (*). Indispensable.

 

 

Ibrahim Maalouf n’est pas un musicien égoïste. Il aime partager sur disque comme sur scène. La preuve avec ce 14.12.16 – Live in Paris qui porte trace d’un show mémorable où, quatre heures durant, le trompettiste a vu les choses en grand, étant le premier jazzman de l’histoire à remplir la plus grande salle de musique de France et ce, après plus de 1000 concerts lors de cinq tournées mondiales. Avec lui, il y a jazz et jazz et  Ibrahim Maalouf  n’est pas du genre à se laisser enfermer dans un genre comme il le montre dans Ya Ha La, deuxième titre du disque où le rythme est donné. Il est vrai, pour ce concert, l’instrumentiste a vu les choses en très grand : entouré de son groupe historique, d’un orchestre classique, d’un chœur de près de cent enfants, il a confié une dizaine d’invités surprises à partager la scène avec lui pour interpréter  des morceaux tirés de ses huit albums studio. Visiblement, il a conquis les  17 000 personnes du temple musical de Bercy. « La création commence toujours par un énorme bordel, un genre de cacophonie » a t-il  déclaré en juillet dernier sur France Culture. Avec lui, cette cacophonie est vite constructive…

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Dernières nouvelles de Bashung

Il fut annoncé à grand renfort de communication : En amont est l’album posthume d’Alain Bashung. Ce n’est pas qu’un document sonore et commercial : il a une véritable force et une certaine cohérence poétique. Une belle manière de conclure musicalement l’année…

Les chansons de En amont, remonte aux années 2002-2008 quand Alain Bashung peaufinait ce qui allait être son album ultime, Bleu pétrole, marqué par les coups de griffe d’un Gaêtan Roussel et d’un Gérard Manset. Pourtant, chez lui, Bashung avait enregistré d’autres chansons sur des paroles signées Dominique A, Doriand, Daniel Darc…

Avant de mourir le 14 mars 2009, il avait demandé à Chloé Mons, son épouse et chanteuse, de terminer le chantier de ces chansons en devenir. Il a fallu dix ans à cette dernière – parce que c’était « trop d’émotions » – pour oser se replonger dans ces archives et réécouter une voix familière qui s’était tue. Chloé Mons a chargé Edith Fambuena, musicienne et productrice de retravailler ces démos pour les publier. Un choix plus que légitime : Edith Fambuena avait été une des pièces maîtresse   dans la conception de l’album Fantaisie militaire,  sorti il y a vingt ans et qui demeure un des albums forts de l’artiste.

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La mémoire en 100 chansons

Un classement – un de plus – le baromètre Riffx by Crédit Mutuel propose la liste des 100 chansons préférées des français. Zoom dans un palmarès où, malgré le temps qui passe  Jacques Brel reste en tête… devant mister Renaud et son « Mistral gagnant »… et Edith Piaf.

Le vote a été fait à partir d’une liste de 400 chansons. Si les « vieux » de la vieille – de Jacques Brel à Johnny Hallyday, dont plusieurs chansons figurent dans le classement, en passant par Charles Aznavour – demeurent des valeurs très sûres de ce classement, des jeunes y font leur entrée et en étant bien placés : de Vianney à Stromaé. Avec IAM, NTM & Big Flo & Oli, le rap vient aussi tutoyer la chanson française plus classique.

Ce sondage a été fait du 12 au 13 novembre, sur un échantillon de 1004 personnes représentatives de la population française (18+). A vous de vous situer dans ce choix même si Johnny Hallyday figure dans… deux places différentes avec la même chanson, « L’Envie »…


LE PALMARÈS

1. « Ne me quitte pas » – Jacques Brel

2. « Mistral Gagnant » – Renaud

3. « Non je ne regrette rien » – Edith Piaf

4. « L’aigle noir » – Barbara

5. « Je te promets » – Johnny Hallyday

6. « Papaoutai » – Stromaé

7. « Mon vieux » – Daniel Guichard

8. « Formidable » – Stromaé

9. « La montagne » – Jean Ferrat

10. « L’hymne à l’amour » – Edith Piaf

11. « Le Sud » – Nino Ferrer

12. « Mon fils ma bataille » – Daniel Balavoine

13. « Tous les cris les SOS » – Daniel Balavoine

14. « Marie » – Johnny Hallyday

15. « J’ai demandé à la lune »- Indochine

16. « Savoir aimer » – Florent Pagny

17. « Amsterdam » – Jacques Brel

18. « La vie en rose » – Edith Piaf

19. « Alors on danse » – Stromaé

20. « Le Déserteur » – Boris Vian

21.  » Écris l’histoire » – Gregory Lemarchal

22.  » Les Mots bleus » – Christophe

23. « Requiem pour un fou »- Johnny Hallyday

24. « Pour que tu m’aimes encore » – Céline Dion

25. « Emmenez-moi » – Charles Aznavour

26. « Quand on a que l’amour » – Jacques Brel

27. « Mourir d’aimer »- Charles Aznavour

28. « Le Paradis Blanc »- Michel Berger

29. « Place des Grands Hommes » – Patrick Bruel

30. « Bella »- Maitre Gims

31. « Les Lacs du Connemara » – Michel Sardou

32. « Là-Bas » – Jean-Jacques Goldman

33. « Les Corons »- Pierre Bachelet

34. « S’il suffisait d’aimer »- Céline Dion

35. « Que serais-je sans toi ? « – Jean Ferrat

36. « La Boheme »- Charles Aznavour

37. « L’Envie »- Johnny Hallyday

38. « Je m’en vais » – Vianney

39. « Petite Marie »- Francis Cabrel

40. « Ma liberté de penser »- Florent Pagny

41. « Cendrillon »- Telephone

42. « L’Été Indien »- Joe Dassin

43. « Tennessee » – Johnny Hallyday

44. « Aimer à perdre la raison » – Jean Ferrat

45. « Que je t’aime » – Johnny Hallyday

46. « Un homme debout »- Claudio Capéo

47. « J’ai encore rêvé d’elle » – Il etait une fois

48. « Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerais »- Francis Cabrel

49. « Je t’emmene au vent » – Louise Attaque

50. « Paris s’éveille »- Jacques Dutronc

51. « Puisque tu pars » – Jean-Jacques Goldman

52. « Dommage »- Big Flo & Oli

53. « Comme d’habitude » – Claude Francois

54. « Je te donne »- Jean-Jacques Goldman

55. « Le vent nous portera »- Noir Desir

56.  » Sapés comme jamais » – Maitre Gims

57. « Désenchanté »- Mylène Farmer

58. « Comme toi »- Jean Jacques Goldman

59. « L’Envie » – Johnny Hallyday

60. « Lucie »- Pascal Obispo

61. « Né en 17 à Liedenstadt » – Jean-Jacques Goldman

62. « Nuit Brouillard » – Jean Ferrat

63. « Encore un soir » – Celine Dion

64. « Il suffirai de presque rien » – Serge Regianni

65. « La Vallée de Dana »- Manau

66. « L’Homme pressé » – Noir Désir

67. « Diego Libre dans sa tête »- Michel Berger

68. « Sos d’un terrien en détresse »- Daniel Balavoine

69. « Belle »- Notre Dame de Paris

70. « La Corrida »- Francis Cabrel

71. « L’Aventurier »- Indochine

72. « Je suis venu te dire que je m’en vais »- Serge Gainsbourg

73. « La Bombe humaine »- Télephone

74. « Allumer le feu »- Johnny Hallyday

75. « Couleur Menthe à l’eau »- Eddy Mitchell

76. « L’Envie d’aimer »- Daniel Levi

77. « Les Copains d’abord »- George Brassens

78. « Au bout de mes reves »- Jean-Jacques Goldman

79. « Marcia Baila »- Rita Mitsouko

80. « Le Chemin » – Kyo

81. « Manhattan Kaboul »- Renaud & Axelle Red

82. « La Mama »- Charles Aznavour

83. « Qui a le droit »- Patrick Bruel

84. « Petit Frere » – IAM

85. « Sur un prélude de Bach » – Maurane

86. « Sans contrefaçon » – Mylène Farmer

87. « Pas toi »- Jean-Jacques Goldman

88. « Pas là » – Vianney

89. « Ces gens-là »- Jacques brel

90. « Derrière l’amour » – Johnny Hallyday

91. « Color Gitano »- Kendjo Girac

92. « C’est extra » – Leo Ferré

93. « Il jouait du Piano Debout » – France Gall

94. « Laisse pas trainer ton fils »- NTM

95. « Il changeait la vie »- Jean-Jacques Goldman

96. « Le France »- Michel Sardou

97. « Prendre un enfant par la main » – Yves Duteil

98. « Le Portrait »- Calogero

99. « Si seulement je pouvais lui manquer »- Calogero

100. « En apesanteur »- Calogero

Julien Bensé : vivre plus fort !

Clore l’année avec L’Odyssée, de Julien Bensé, c’est se laisser bercer par une folk métaphysique où l’auteur compositeur s’inspire de ses nombreuses lectures pour signer des chansons qui évoquent aussi bien Épicure que Nietzche.

Il faut sans doute commencer cet album par La Vérité pour en mesurer les parcours sinueux autour d’un thème philosophique à souhait. Et s’il chante sur des nappes synthétiques « La vérité, tu la connais« , c’est sans doute pour mieux brouiller les pistes en conviant l’esprit de Nietzche  dans ce texte tout en évoquant aussi « le Bataclan qui explose »

Avec L’Odyssée (*), Julien Bensé boucle un voyage commencé en 2008 avec le disque Album, suivi six ans plus tard par Le Printemps. Partant du constat d’un divorce entre l’homme et la Nature, le croquenotes a composé des chansons seul dans son home studio où il invite aussi d’autres musiciens à venir faire leurs gammes et innover (Laura Cahen notamment).

Cette fois, Julien Bensé reste fidèle à son inspiration livresque et dit : « J‘ai voulu rendre hommage aux auteurs qui ont fait mon éthique de vie« , dit l’artiste qui convoque aussi bien dans son panthéon personnel Camus que Lucrèce, Spinoza ou encore un classique des philosophes : Montaigne.

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La douceur pop de Bertille

Multi-instrumentiste de formation, Bertille sort son premier EP où elle délivre un univers féminin sur un univers pop teinté d’électro. Pas désagréable, mais non plus bouleversant.

On aimerait adorer la voix de Bertille, plonger sans réserve dans l’univers délicat, doux et tendre, de son premier CD, #ep (*) où elle se livre en six titres, sur des mélodies ou la pop le dispute aux accents électros.

Des chansons qui ont une atmosphère indéniable, que ce soit dans des textes comme Du vent dans les voiles ou encore Les Rivières dans laquelle surgit au final un beau solo de violoncelle.

C’est la première fois que la jeune femme se met sur le devant de la scène après le duo qu’elle formait en 2015 avec Olivier Daguerre et, plus près de nous, avec sa participation dans le groupe Wallace. Un vrai donc défit pour cette artiste discrète habituée à rester dans l’ombre de.

Elle qui définit « l’émotion comme son moteur » a donc couché sur le papier des mots pudiques pour dire son petit monde. D’amour, il est souvent question dans cet album où elle peut ainsi évoquer les infidélités amoureuses dans Du vent dans les voiles où elle évoque le « nez qui s’allonge » de celle qui a triché sur la carte du Tendre qu’un amour passion dans Je plonge et qui est prétexte à  un très inspiré vidéo-clip. Lire la suite « La douceur pop de Bertille »

Miossec ou l’air du large

Brestois de cœur mais rocker d’inspiration, Miossec a signé un grand retour avec Les Rescapés, un album, le onzième de sa carrière, où il évoque l’urgence de vivre vite dans des mélodies marquées par le sentiment d’urgence.

Miossec a une façon bien personnelle de dire les paroles en détachant chaque syllabe pour faire sonner les mots. Avec des textes au cordeau où chaque terme est soupesé pour donner l’essentiel de ce qui habite son auteur. « On vit comme s’il n’y avait pas de fin/ On vit comme le font les incendiaires » lance t-il.

Avec le cap de la cinquantaine franchi, on a le sentiment que Miossec est allé à l’essentiel avec la mort qui frappe autour ou qui se rappelle à notre mauvais souvenir. Cela donne notamment une splendide chanson où cet amoureux de l’océan impétueux évoque l’Atlantique qui a emporté un grand-père : La mer quand elle mort, c’est méchant. « La mer, elle est incertaine/ Quand on l’a déjà vue sortir les dents/ Et causer tellement de peines/ Elle n’a jamais fait, elle, dans les grands sentiments » chante-t-il. Lire la suite « Miossec ou l’air du large »

Le folk apaisant de Frédéric Bobin

Après avoir fait des études universitaires consacrées à  Boris Vian, il n’est pas illogique de passer à la chanson. La preuve avec Frédéric Bobin qui sort un nouvel album folk à la douce beauté :  Les Larmes d’or (*). Un titre poétique à l’image d’un album ciselé…

Silhouette longiligne, moustache discrète et bouc en rapport :  sur la pochette de son disque, il y a quelque chose d’un mousquetaire dans la dégaine de Frédéric Bobin, ce natif de Bourgogne installé à Lyon et qui a commencé de chanter en 2003. Une activité qu’il n’a cessé de pratiquer depuis avec même un intermède africain, en 2008,  et une résidence au Sénégal pour la création d’un spectacle de danse contemporaine – The Scales of Memory –  dont il co-signa la musique avec le compositeur Laforest.

Les Larmes d’or porte la signature d’un musicien et interprète (son frère Philippe signe les paroles) qui prend son temps d’évoquer les choses et préfère le dépouillement d’un folk bien tempéré aux déluges de décibels d’un rock assourdissant. L’univers musical de Frédéric Bobin est intimiste entre la batterie et la basse, tenues par Mikael Cointepas; le violoncelle d’Hélène Piris, qui donne également de la voix dans les chœurs et l’harmonica de Vincent Dupuis ( qui fait quelques merveilles sur des titres comme Jimmy et Les Étreintes intermittentes), l’artiste se réservant le jeu à la guitare et autre guitare slide.

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