Leïla Huissoud : cette petite grande dame…

Auguste est un disque rare où il n’y a rien à jeter. Avec son deuxième album, Leïla Hussoud prouve qu’elle peut marcher sur les traces de plus grandes, tant elle fait montre d’une finesse d’écriture et de composition. A consommer sans modération.

Auguste fait partie de ces albums que l’on a envie d’écouter et de réécouter tant ce disque offre quelques pépites. Dans l’univers de Leïla Hussoud, il n’y a rien à jeter ou presque ! Après un premier opus pour piano, guitare et voix, elle a mis cette fois les petits instruments avec les grands et opté pour des arrangements savoureux concoctés avec Simon Mary et s’offrant le concours d’une dizaine de musiciens, ce qui lui permet de passer des sonorités du jazz manouche à celui d’une fanfare balkanique. Ce qui donne une pêche incroyable à cet Auguste ! Dans le cirque royal de Leïla Hussoud, dont la voix a des accents de Juliette et de Olivia Ruiz, les musiques, les sons et le mots se répondent avec une sacrée harmonie.

De prime, à l’heure d’une chanson souvent introspective et pas toujours tonique en diable, la petite jeune fille sait faire surgir un univers d’histoires solides et qui reposent sur une écriture solide et raffinée. Leïla Huissoud sait faire sérieusement un métier sans se prendre au sérieux et en continuant à faire le clown. Que ce soit dans La Farce ou La Chianteuse, elle évoque, à sa manière décalée et joyeux, la place de l’artiste. Avec Mathias Malzieu, l’âme de Dionysos, elle offre un duo revigorant et salvateur dans Un enfant communiste, célébration d’un amour qui se tape des règles avec, en toile de fond sonore, des accords de l’internationale.

L’artiste a du culot et se permet de revisiter un classique de tonton Georges – la chanson L’Orage, écrite en 1960, où il cocufiait joyeusement un installateur de paratonnerres – avec sa version où elle lui offre un droit de réponse en évoquant malicieusement ce « con de Georges Brassens » dans Le Vendeur de paratonnerres où elle évoque même sa « moustache perverse ».

Mais, il y a bien d’autres pistes dans l’univers de Leïla Hussoud : outre l’évocation du clown Auguste – magnifique évocation qui renvoie à la célèbre chanson de Gianni Esposito ou au Clown est mort de Yvan Dautin – on trouve l’évocation des atmosphères familiales et des relations que la vie a le don de distendre, dans Jolies frangines; le salut à un pays caricaturé, Lettre à la Suisse, et bien d’autres histoires, tantôt joyeuses, tantôt mélancoliques qui donnent tout son sel à ce disque abouti et émouvant.

Derrière la frêle silhouette de Leïla Huissod se cache une sacrée graine de chanteuse. Elle présentera son cirque personnel en tournée sur les routes de France avec une pause à Paris le 7 février prochain au Hasard ludique. Une chose est sûre : son disque est taillé pour emporter l’adhésion aussi sur les planches…

(*) Jaspir Prod/ Label 440/ PIAS

 

 

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