Liz Van Deuq : une fausse légèreté

Vanités est le second album de Liz Van Deuq qui est apparue dans l’univers de la chanson en 2014. Depuis, cette pianiste et chanteuse a rodé son métier sur bien des scènes. La voilà de retour avec un disque moderne et pop, offrant, ici et là, quelques belles saillies verbales.

Il en faut pas se fier à la pochette – très kitsch – de Vanités. Comme il ne faut pas juger l’opus à l’écoute du premier titre, un brin mou : Du léger. Si la demoiselle s’est frottée au piano dès l’âge de 7 ans, elle a aussi officié aux claviers dans des groupes pop-rock, ce qui l’a naturellement conduit à se détacher du moule classique, sans renier pour autant sa formation d’origine, comme le montrent une mélodie comme Stuck ou certaines chansons plus intimistes de l’album.

Fille de son époque, Liz Van Deuq sait user d’humour quand il s’agit de mêler Le wifi ou dieu, chanson dans laquelle elle s’amuse de certains cultes de notre modernité (ou soi-disant telle). Elle chante ainsi : « On y retrouve des âmes et, des réseaux sociaux, de paroles, / Des cantiques, des musiques/ On peut aussi s’y rencontrer. »

De même, on ne s’attendait pas à la voir inspirée par le  foot – une inspiration décalée comme il se doit – avec son Supporter où elle susurre : « J« imposerai à chaque stade de foot, / De bloquer l’accès au vestiaire/ Laissez nous avec nos doutes,/Ça regarde par la ménagère/ J’voudrais des « chut » après les shoots, / Pour méditer sur les corners. »

Musicalement, Liz Van Deuq a travaillé avec JMZ/Sarro, duo de réalisateurs lyonnais pour obtenir sa couleur musicale, aux accents pops avec des bandes passées à l’envers, des pianos traités, des ambiances aériennes. Cela donne quelques belles réussites telle que Le cœur est un muscle où, sur une rythmique prenante et un tempo marqué, elle célèbre le palpitant sur tous les tons : « Et s’il paraît mou, comme on peut l’entendre/ Dedans ça secoue, à donner, à prendre/ Dedans des à-coups, que le cœur doit rendre. »

Plus avant, elle évoque Les Banlieues pavillonnaires, qui ne sont pas réduites à des terrains de non droit, comme on l’entend trop souvent dans certains raps, même si la mélancolie semble y

surgir au coin des rues. « Et l’on sort de contrôle, pour finir, chacun dans sa piaule, / Du lit face à la porte, on s’inflige une révolte d’un pétard ».

Parfois, on aimerait que Liz Van Deuq  hausse un peu le ton pour nous attirer un peu plus dans son univers de mots et de notes où l’humour vient toujours tempérer la tentation à une certaine mélancolie. Un univers où elle excelle avec des chansons comme Disque dort, où elle appelle de ses vœux une vraie reconnaissance du public. Vanités pourrait être une première étage dans ce périple vers le succès d’une artiste qui a déjà retrouvé la route de la scène et qui se produira notamment aux Trois Baudets, lieu mythique habité naguère par la bande à Canetti, le 10 novembre prochain.

En attendant de la croiser sur les planches, on peut déguster sur son site quelques Poèmes minute, jaillis en forme d’instantané d’un moment de tournée. Même s’il s’agit de célébrer une grande firme d’hôtel, mais, là encore, c’est avec la manière.

 

(*) Label Neômme/ L’Autre Distribution

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