Bodie : le corps du délit…

Nouvel EP du groupe Bodie, Où va-t-on dormir ce soir (*) mise sur le tempérament et la fantaisie de trois drôles de dames.

Bodie est le fruit des rencontres d’Astaffort, pilotées par Francis Cabrel. Emile Marsh, Cécile Hercule et Joko s’y sont trouvées des affinités électives et l’envie de faire ensemble un bout de chemin sur la scène comme sur les ondes. En cinq titres, Bodie racontent des aventures dans lesquelles chacune tient un rôle spécifique : Imogène joue les brutes quand Andrée préfère être aguicheuse et Joko faire montre d’une froideur toute calculée.

S’entourant à l’écriture de personnalités comme Oldelaf et Arnaud Joyet, Bodie raconte, dans la chanson d’exposition de leur EP,  Où est la lune ?, le récit de trois nanas qui se sont évadées et doivent trouver un nouveau toit tous les soirs en espérant échapper à la police qui est sur leur trace depuis leur  évasion de la prison de Folsom en Californie, chère à Johnny Cash. Lire la suite « Bodie : le corps du délit… »

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Des rois déjantés !

Punk Rock Academy (*) est le produit de deux cerveaux dérangés qui ont formé un groupe qui ne l’est pas moins : Les Rois de la Suède. Un opus à déguster frappé !

Punk Rock Academy est un disque « OSDI », un objet sonore difficile à identifier tant les Rois de la Suède chassent musicalement large en mettant leurs musiques au service d’un univers loufoque et déjanté de mots.

Le groupe est né d’une rencontre entre Mr Poulpe, un animateur TV qui n’a rien d’un classique passeur de plats  et d’Ivan Callot, le fondateur d’un autre groupe de rock qui joue à fond le décalage, les Fatals Picards. Dignes descendant d’un Bobby Lapointe qui aurait fait un bout de route avec Au bonheur des dames, les Rois de la Suède jouent aux ambassadeurs du savoir-vivre suédois ce qui, sur le papier, n’a rien pour passionner les foules.

On se doute bien que ce point de départ est un parti-pris burlesque pour tirer sur tout ce qui bouge avec un esprit bien français de l’irrévérence. On a pas guillotiné un roi pour ne pas avoir quelques remords, non ? Lire la suite « Des rois déjantés ! »

Le franc chanter d’Évelyne Gallet

La Fille de l’air (*) est la production haut de gamme d’une fille de Lyon, Évelyne Gallet, un défilé de savoureux portraits. Un disque plein de punch, d’humour et bien tourné.

Évelyne Gallet n’en est pas à son premier tour de piste et cette Fille de l’air est son cinquième album dans lequel elle a fait appel à côté de ses auteurs complices, à d’autres plumes : Dimoné ou Presque Oui, Thibaut Defever. Entre autres…

Chez Évelyne Gallet, la pulsation est de rigueur et, de chanson en chanson, la rousse s’en donne à cœur joie en prévoyant qu’elle n’est pas une nana à mettre dans toutes les pièces, tant son franc parler peut faire mouche. Elle chante : « Je suis une fille de l’air/ Celle qu’on regarde de travers/ Celle qui jamais n’obtempère ». (La Fille de l’air). Une nana qui sait aussi « jurer comme un charretier » (Je ne sais pas) et pourrait faire concurrence, dans une version féminine à un certain Jean Yanne, dans la manière de se rire de tout, mais non sans style.

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Leïla Huissoud : cette petite grande dame…

Auguste est un disque rare où il n’y a rien à jeter. Avec son deuxième album, Leïla Hussoud prouve qu’elle peut marcher sur les traces de plus grandes, tant elle fait montre d’une finesse d’écriture et de composition. A consommer sans modération.

Auguste fait partie de ces albums que l’on a envie d’écouter et de réécouter tant ce disque offre quelques pépites. Dans l’univers de Leïla Hussoud, il n’y a rien à jeter ou presque ! Après un premier opus pour piano, guitare et voix, elle a mis cette fois les petits instruments avec les grands et opté pour des arrangements savoureux concoctés avec Simon Mary et s’offrant le concours d’une dizaine de musiciens, ce qui lui permet de passer des sonorités du jazz manouche à celui d’une fanfare balkanique. Ce qui donne une pêche incroyable à cet Auguste ! Dans le cirque royal de Leïla Hussoud, dont la voix a des accents de Juliette et de Olivia Ruiz, les musiques, les sons et le mots se répondent avec une sacrée harmonie.

De prime, à l’heure d’une chanson souvent introspective et pas toujours tonique en diable, la petite jeune fille sait faire surgir un univers d’histoires solides et qui reposent sur une écriture solide et raffinée. Leïla Huissoud sait faire sérieusement un métier sans se prendre au sérieux et en continuant à faire le clown. Que ce soit dans La Farce ou La Chianteuse, elle évoque, à sa manière décalée et joyeux, la place de l’artiste. Avec Mathias Malzieu, l’âme de Dionysos, elle offre un duo revigorant et salvateur dans Un enfant communiste, célébration d’un amour qui se tape des règles avec, en toile de fond sonore, des accords de l’internationale. Lire la suite « Leïla Huissoud : cette petite grande dame… »

Karin Clercq sort de la boite

Quatrième disque de Karin Clercq, La Boite de Pandore est un album musicalement ambitieux et dans lequel la chanteuse ne chante pas que pour jouer sur les sonorités des mots. Il faut donc ne pas craindre d’ouvrir cette boite…

La Boite de Pandore commence par une chanson puissante évoquant le drame des migrants : J’avance, un texte dont le contenu a évolué tout au long de la maturation du disque. Elle est suivie par la chanson-titre, accompagné d’un clip qui en dit long sur la violence mondiale.

Née sur la fameuse scène pop belge, Karin Clercq  est de retour avec ce quatrième disque, neuf ans après La Vie Buissonnière. Après avoir longtemps collaboré avec Guillaume Jouan, le complice des premiers albums de Miossec, l’artiste a choisi cette fois de bosser avec la jeune génération pour les  arrangements et  la réalisation d’une équipe formée de la multi instrumentiste belge Alice Vande Voorde (Valko, Kùzylarsen) et du français Emmanuel Delcourt (Roscoe, My little cheap dictaphone), de Laurent Mathoux à l’enregistrement et du lillois Remy Deliers au mixage. Le résultat est un album qui, même s’il peut parfois sembler disparate, sonne avec de vraies tonalités modernes sans pour autant être à la mode.

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Pierre Perret : la liberté d’en rire…

Plus de soixante ans de carrière au compteur, mais toujours une manière artisanale de composer ses chansons. Il a fallu trois ans à Pierre Perret pour ciseler les douze chansons d’Humour liberté (*). Si, musicalement, l’opus n’a rien de très novateur, Perret sait trousser des couplets graves sans jamais surligner le trait.

Pierre Perret a beau avoir 84 ans printemps, il ne s’endort pas sur ses lauriers.  Et son inspiration sait aussi jouer avec la technologie. La preuve ? Suite à un texte publié sur son site, il y a trois ans, il a cédé aux demandes de ses fans pour composer Ma France à moi. Hymne à un pays qui a longtemps plus rayonné par les productions de ses hommes de culture que par des rodomontades de politiciens en mal de consécration médiatique. Il chante ainsi, faisant écho au célèbre texte de Jean Ferrat avec lequel il débuta dans un cabaret parisien, cet hymne qui n’a rien de patriotique : « Ma France à moi celle que j’adore/ Celle des Klarsfeld celle de Senghor/ Celle de Prévert et la France des paysans/ France de Stendhal Chamfort Molière/ France de Balzac La Fontaine et Victor » L’artiste sait aussi se moquer des modes en évoquant un temps que les moins de 20 ans… : celui de cette Communale où les élèves ne surfaient pas tout le temps sur les portables ou sur l’écran plat de leur ordinateur, fidèle compagnon de route et de jeux. « Et sous les platanes/ C’qui avait d’plus sacré/ C’était la castagne / Pendant la récré. »
L’œil malicieux et le verbe toujours précis, Pierre Perret regarde le monde sans jamais se départir de son sens de l’humour. Et il faut avoir l’humour bien accroché au cœur pour décrire notre société dite « moderne ». Pourtant, fidèle à sa philosophie, sinon de bien vivre, du moins de vivre le mieux possible, et en accord avec ses idées, Pierre Perret ne pouvait pas taire son émotion, suite aux attentats du 13 novembre 2015. Il le fait avec la chanson-titre qui ouvre ce disque et où il salut les copains tombés au champ de l’humour : »Adieu mes amis les artistes/ Bienfaiteurs de l’humanité/ Qui venez de quitter la piste/ Pour avoir dit la vérité. »

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Liz Van Deuq : une fausse légèreté

Vanités est le second album de Liz Van Deuq qui est apparue dans l’univers de la chanson en 2014. Depuis, cette pianiste et chanteuse a rodé son métier sur bien des scènes. La voilà de retour avec un disque moderne et pop, offrant, ici et là, quelques belles saillies verbales.

Il en faut pas se fier à la pochette – très kitsch – de Vanités. Comme il ne faut pas juger l’opus à l’écoute du premier titre, un brin mou : Du léger. Si la demoiselle s’est frottée au piano dès l’âge de 7 ans, elle a aussi officié aux claviers dans des groupes pop-rock, ce qui l’a naturellement conduit à se détacher du moule classique, sans renier pour autant sa formation d’origine, comme le montrent une mélodie comme Stuck ou certaines chansons plus intimistes de l’album.

Fille de son époque, Liz Van Deuq sait user d’humour quand il s’agit de mêler Le wifi ou dieu, chanson dans laquelle elle s’amuse de certains cultes de notre modernité (ou soi-disant telle). Elle chante ainsi : « On y retrouve des âmes et, des réseaux sociaux, de paroles, / Des cantiques, des musiques/ On peut aussi s’y rencontrer. »

De même, on ne s’attendait pas à la voir inspirée par le  foot – une inspiration décalée comme il se doit – avec son Supporter où elle susurre : « J« imposerai à chaque stade de foot, / De bloquer l’accès au vestiaire/ Laissez nous avec nos doutes,/Ça regarde par la ménagère/ J’voudrais des « chut » après les shoots, / Pour méditer sur les corners. »

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Murat inclassable

Il publie des albums avec une régularité d’horloge. Avec Il Francese (*), Jean-Louis Murat sort son dix-huitième album. De belle facture, mais pas toujours captivant.

C’est le vieux complice Denis Clavaizolle qui a arrangé Il Francese, réalisé par Jean-Louis Murat himself et qui, loin du petit monde de l’industrie musicale, continue de ne chanter qu’à sa tête. Dans la lignée de Travaux sur la N89, Murat continue son voyage vers l’épure, mêlant les sons naturels à l’électronique, trafiquant le son de sa voix.  Pour l’ermite du Puy-de-Dôme, l’heure n’est pas à rejoindre la meute mais à jouer les loups solitaires. Au risque de perdre parfois quelques aficionados, tant ce disque semble parfois monotone, malgré quelques rythmiques plus déliées comme dans Gazoline et ses intermèdes de fanfare. Il est vrai, Murat ne joue pas sur des textes qui se livrent à première écoute. Sur le plan sonore, Murat prend des risques de surprendre avec aussi l’utilisation du vocoder, expérimenté sur des titres comme Hold Up où il chante en duo avec Morgane Imbeaud, ex-Cocoon, dont la voix se marie parfaitement avec celle de Murat.

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