Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

En concert, ce vendredi 12 octobre en première partie de Slimane au Festival 52, à Paris, Nawel Ben Kraïem arrive sur le devant de la scène avec une vraie personnalité et un univers qui donne envie de bouger et de « se » bouger. Joyeuse et grave, elle revendique le fait d’être une artiste mais aussi une femme qui fait de la liberté un principe de vivre (La Nuit est un drapeau ou encore  Ce monde d’homme, à la rythmique terriblement entraînante).

Pour elle, chanter est sans doute une façon de « corriger » ce monde qui ne va pas comme il faudrait. Elle dit : « L’histoire de mon prochain album, c’est peut-être ça : j’ai regardé mon monde intérieur sous un nouvel angle, puis j’ai tenté de raconter ce que je voyais du monde. Et je le vois comme un angle. Pyramidal, plutôt bancal. Alors dans mes chansons, j’essaie de l’arrondir, de le sourire, de le chanter et de l’enchanter. En piochant dans la beauté d’une lecture ou dans le secret d’une rue, dans une rencontre banale ou dans un tableau abyssal. « 

Une chose est sûre : Nawel Ben Kraïem a un univers bien à  elle avec des mélodies qui ne peuvent, sur scène, qu’offrir un supplément d’âme. Ni vraiment d’ici, ni vraiment d’ailleurs, elle nous entraîne avec elle sur sa Mer promise.

(*) Disque Capitol/ Universal

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