ALEXIS HK, L’ART DU FUNAMBULE

Trois ans après son dernier disque, et après l’intermède remarqué d’hommage à Brassens,  Alexis HK revient sur le devant de la scène avec Comme un ours (*). Quand il sort de sa tanière, le croquenotes fait mouche de belle manière.

Son dernier spectacle, Georges & moi, mis en scène par François Morel, avait marqué les esprits en 2015, il a renouvelé son inspiration dans une solitude assumée pour imaginer son nouvel album, Comme un ours. Il annonce ainsi la couleur : « Comme son nom l’indique, ce disque trouve ses racines dans la solitude et l’isolement. Mais ses racines seulement. Je me suis isolé le temps de l’écriture pour ressentir vraiment la nécessité de l’autre, l’insoutenable projet de la solitude absolue. »

En compagnie de Sébastien Collinet comme coréalisateur – il a œuvré notamment avec Florent Marchet – Alexis HK nous offre un album au dépouillement lumineux avec des « grooves lancinants », des incursions d’ukulélé, la présence discrète d’un violoncelle , et des rythmiques qui soutiennent des chansons ciselées en diable. L’inspiration solitaire n’a pas porté Alexis HK a un optimisme béat et le disque est marqué par cette année 2015 où le terrorisme fou a frappé et dont les ondes ont touché l’artiste qui s’était isolé, chez lui,  dans le vignoble nantais. La preuve avec cette Marianne évoquant ce vendredi 13 novembre où, du côté du Bataclan, la bière rousse s’est teintée de sang et a durablement changé l’atmosphère en France.

Alexis Djoshkounian, alias Alexis HK, offre ici des « angoisses partagées » mais qui ne plombent pas pour autant l’horizon même s’il fustige, en choisissant ses mots, ce racisme rampant dans  des chansons comme La Chasse ou Les Pieds dans la boue. Avec lui, « la prose apaise nos ecchymoses » (Porté), et Alexis HK sait aussi trouver des raisons de vivre malgré tout en évoquant la compagnie d’une femme (La Fille à Pierrot), la présence d’un gamin (Salut mon grand) ou le plaisir d’avoir un compagnon qui aboie (la douce ballade de Je veux un chien). Un animal qui « te suivra si tu finis malhonnête« .

L’artiste sait glisser, avec des mots toujours choisis et qui sonnent juste, vers une poétisation de la vie moderne comme en atteste la très belle chanson qui termine le disque, Un beau jour. Dans La Fille à Pierrot, il a aussi ces deux vers :« Il vaut mieux admirer la beauté en fleur/Que de vouloir l’enfermer tout au fond du cœur ».

Si la vie a un goût amer parfois, Alexis HK a le don de l’adoucir par des chansons sensibles, dont l’humour vient atténuer la difficulté d’être. En cela, l’artiste est un digne descendant, mais avec sa propre personnalité et sans jouer la pâle copie, de ses deux modèles revendiqués : Brassens et Renaud. En s’isolant pour imaginer Comme un ours, Alexis HK réussit à offrir un album splendide de bout en bout. Pour lui, le disque ne peut être que la première pierre dans sa vie d’artiste : il débute donc une tournée dès la mi-décembre par un concert à Nantes. Elle le conduira au Trianon à Paris où il posera son ukulélé sur la scène du Trianon. « Le but sur ce spectacle est de rester léger en évoquant des sujets lourds. »

(*)Disque La Familia

 

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