Un hymne marseillais déjantée

En 1930, Vincent Scotto, Géo Koger et Audiffred célébraient à leur façon l’univers de Marseille.  Moussu T e Lei Jovents revisite cet univers joyeux et offre une version déjantée de C’est Marseillais.

Les amoureux de Bobby Lapointe ne peuvent que prendre un plaisir certain en découvrant le clip de C’est Marseillais dans lequel la galéjade est de mise. Petite promenade musicale dans une ville où tout commence et finit par des chansons…

Alibert

Moussu T et Lei Jovents

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Miegeville tient la distance

Premier EP de Miegeville, Longue distance(*) joue sur la corde sensible avec un album où les rythmiques solides portent des textes inspirés par la vie. À découvrir.

Cinq titres pour se dévoiler. Avec Longue distance, Matthieu Miegeville se dévoile après plusieurs projets collectifs aux quatre coins du monde, deux recueils de textes… Dès la première chanson, il va droit au but avec les mots de  Bonjour, je suis mort, qui ont le mérite de ne pas chanter dans la banalité. « Pourtant je bouge encore », prévient-il aussitôt en ajoutant dans un souffle : « J’abats toutes mes cartes tricolores/ Pourtant je vote encore. »

Chez lui, les mots sont faits pour jaillir des nappes sonores, non sans un certain lyrisme. Ensemble dans le vent offre ainsi des accents de ballades à la Noir désir dans un monde saturé de frontières et en s’affichant comme un chant pour « la simple joie d’exister« .


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Samuel Cajal : en solo mais bien entouré

En solo, Samuel Cajal se lance sur le devant de la scène avec Une Issue. Un disque de belle facture conçu de façon minimaliste avec voix, guitare et looper.

Longtemps, Samuel Cajal s’est effacé derrière le collectif. Et il a beaucoup écrit, produit ou même joué avec d’autres artistes (Fanch, Karina K !, Albane Aubry) sans oublier l’aventure – désormais derrière lui- de 3 Minutes Sur Mer, ce groupe qu’il formait avec le chanteur Guilhem Valayé.

Il était sans doute temps pour lui d’attaquer la face solo de l’ascension, même s’il a su s’entourer de fidèles compagnons que sont Johan Guidou, coté batterie et machines, et Matthieu Lesenechal aux claviers. Ensemble, ils ont concocté un album où il passe d’une colère retenue (dans Cœur noir par exemple) à des mélodies pop-song, comme en témoigne la chanson d’ouverture, qui évoque la dépression : Tu mords. « Tu es comme un chien qui essaie de se défendre » lance t-il. Mais Samuel Cajal, avec un univers musical qui pourrait rappeler parfois Bashung et Noir Désir, sait aussi élever la voix comme dans Indigné. « Si ça pique, c’est qu’on est vivants » lance t-il.

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Dérangée et dérangeante…

À cheval entre deux cultures, Nawel Ben Kraïem signe  avec Par mon nom (*), un EP de sept titres, où elle célèbre la force d’inspiration du métissage. Un univers fin et bourré d’énergie.

Nawel Ben Kraïem n’est pas une inconnue loin de là et on a déjà aperçu sa singularité en 2016 dans Méditerranéennes, construit par Julie Zenatti où elle livrait sa version – décalée en diable – de Ya Mustapha. Tout comme, on l’avait repérée dans Indignados, de Tony Gatlif, sur scène avec le groupe Orange Blossom, portant haut les couleurs de l’électro-world, ou encore en duo avec Christophe.

En solo avec  Par mon nom, Nawel Ben Kraïem  affirme sa singularité dans des chansons où elle laisse libre cours à son inspiration polyglotte, elle dont le père vient de Tunisie et la mère de Toulouse; elle qui a débuté très tôt sur scène à Tunis où elle était montée sur scène pour dire des poèmes en français, en arabe et en anglais.

Sur des rythmiques modernes qui empruntent aussi bien à l’univers d’une Lhassa qu’à Lauryn Hill, Nawel Ben Kraïem célèbre sa manière de voir la vie avec des mots d’esprit et des jeux de mots en français et des images poétiques en arabe comme le montre la chanson d’ouverture, Dérangés qui célèbre « les enfants paumés, les enfants secrets  » de sa génération. « Désoriental, désorienté/ Quand le béton arrête le vent, c’est difficile de souffler« , chante t-elle de sa voix légèrement ébréchée et sensuelle.

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Naples sur tous les modes

Chanteur et accordéoniste du groupe Brastch, François Castiello a su bien s’entourer pour livrer sa vision de Naples au cœur du collectif Lalala Napoli qui revisite à nouveau les classiques des mélodies napolitaines dans Disperato (*). Inventif et tonique en diable.

Il fallait bien que François Castiello, l’accordéoniste toujours inspiré du groupe Brastch,  replonge un jour dans ses racines musicales. Avec le deuxième disque du collectif Lalala Napoli, Disperato,   il confirme la variété de son inspiration et cet enracinnement.

Réunissant à nouveau sa bande de cinq musiciens autour des musiques populaires de Naples, François Castiello mêle l’acoustique et l’électrique dans ce disque où la liberté d’expression  prend son envol libérant, au gré des morceaux, une émotion palpable. Trilles de flûte, nostalgie d’un accordéon voyageur, basses solides, mandoline délicate… ce disque sent le « live » à plein nez et pétille de vie. Il y a du bal napolitain, aussi chaleureux que fou et exubérant, dans ce panorama en quatorze morceaux qui débute en fanfare avec Simme e napule paisa et qui se termine par une version mémorable de Funiculi Funicula. Un album qui offre aussi des mélodies moins connues comme ce Cannettella, porté par les arrangements du maître de cérémonie.

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BREL – 40 ANS APRÈS

Quarante ans après sa disparition, Jacques Brel n’a toujours pas été balayé de la mémoire populaire. Preuve de la modernité de son répertoire. Hommage en quelques chansons.

 

 

 

L’Éclusier (1968)

La Cathédrale (1977)

Ses mots sur la réussite

Voir un ami pleurer

Mourir pour mourir (écrite pour le  film Mon oncle Benjamin)

ALEXIS HK, L’ART DU FUNAMBULE

Trois ans après son dernier disque, et après l’intermède remarqué d’hommage à Brassens,  Alexis HK revient sur le devant de la scène avec Comme un ours (*). Quand il sort de sa tanière, le croquenotes fait mouche de belle manière.

Son dernier spectacle, Georges & moi, mis en scène par François Morel, avait marqué les esprits en 2015, il a renouvelé son inspiration dans une solitude assumée pour imaginer son nouvel album, Comme un ours. Il annonce ainsi la couleur : « Comme son nom l’indique, ce disque trouve ses racines dans la solitude et l’isolement. Mais ses racines seulement. Je me suis isolé le temps de l’écriture pour ressentir vraiment la nécessité de l’autre, l’insoutenable projet de la solitude absolue. »

En compagnie de Sébastien Collinet comme coréalisateur – il a œuvré notamment avec Florent Marchet – Alexis HK nous offre un album au dépouillement lumineux avec des « grooves lancinants », des incursions d’ukulélé, la présence discrète d’un violoncelle , et des rythmiques qui soutiennent des chansons ciselées en diable. L’inspiration solitaire n’a pas porté Alexis HK a un optimisme béat et le disque est marqué par cette année 2015 où le terrorisme fou a frappé et dont les ondes ont touché l’artiste qui s’était isolé, chez lui,  dans le vignoble nantais. La preuve avec cette Marianne évoquant ce vendredi 13 novembre où, du côté du Bataclan, la bière rousse s’est teintée de sang et a durablement changé l’atmosphère en France.

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L’émoi de Septembre

Quatuor pop, Septembre déboule avec un disque d’une douce mélancolie : Si c’était à refaire (*). Zoom.

Quatre garçons venus de la région du Mistral ne peuvent qu’être dans le vent. Il est vrai, les quatre membres du groupe Septembre se sont rencontrés du côté d’Avignon.

Influencés par Noir Désir comme par Depeche Mode,  Sylvain  Seguin au chant – il mène aussi une carrière de comédien- Axel à la basse, Benoît à la guitare et Romain à la batterie proposent avec Si c’était à refaire un disque de belle facture sonore, réalisé par Jeff Delort (qui a bossé avec Teté et Higelin…) et par Lionnel Buzac (Charlie Winston, Elephanz…) La voix de son chanteur aidant, on pense vite à Indochine, voire à certaines intonations d’Étienne Daho. Et l’harmonie vocale est souvent au rendez-vous avec, parfois, le sentiment d’ouïr un moderne cantique, comme dans Du flou, de la violence.

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Charles Aznavour : une voix sans frontières

Il y a quelques jours encore, Charles Aznavour était l’invitée de France 5 dans C à vous, où il ne faisait pas de la figuration auprès de chroniqueurs inspirés . Il vient de nous quitter à l’âge de 94 ans. Une voix connue dans le monde entier…

Aznavour, c’était l’homme des records. Celui qui avait débuté comme secrétaire d’Edith Piaf en 1946, celui auquel bien des chroniqueurs ne prédisaient aucun avenir de chanteur – le grand découvreur de talent, Jacques Canetti, m’avait avoué qu’il avait fait l’erreur de ne pas « croire en lui » – Charles Aznavour, il s’agit bien de lui, avait pourtant conquis, à force de travail,  le monde entier, signé pour lui et pour tant d’autres quelques 1300 chansons  et vendu 100 millions de disques. Ambassadeur de la langue française, ce fils d’une modeste famille d’immigrés arméniens était connu dans près de 90 pays et savait chanter dans huit langues. « J’ai fait une carrière inespérée mais exemplaire » disait-il récemment à l’AFP. Car il avait eu droit à bien des critiques à ses débuts : sa taille, sa voix, ses textes…

« Je suis pas vieux, je suis âgé« , disait Aznavour pour lequel le mot « retraite » n’avait pas de sens et qui est -presque – mort sur scène car il était sur le point de reprendre une tournée après s’être fracturé le bras cet été. Un auteur, compositeur, interprète qui avait osé bien des thèmes durant sa carrière. Dès 1956, il avait évoqué le sexe dans Après l’amour, censuré.  Dans Tu t’laisses aller, il avait osé décrire la décrépitude d’un amour vieillissant et dégradé. Ou évoqué l’homosexualité en 1972 dans le remarquable Comme ils disent. Marié à trois reprises, Aznavour avait aussi chanté l’amour sur tous les modes des Plaisirs démodés à Plus bleu que tes yeux, immortalisé par Edith Piaf. Il avait aussi célébré à maintes reprises la vie d’artiste avec des incontournables comme La Bohème ou Je m’ voyais déjà

Parfois, on oublie que le grand Charles avait signé des textes pour Johnny Hallyday (Retiens la nuit) et Sylvie Vartan (La plus belle pour aller danser). Récemment, il avait écrit un très beau texte pour François Fabian : Ce diable d’homme. Toujours curieux des nouveautés, du rap notamment, il avait été en quelque sort un précurseur du genre quand, avec son premier complice Pierre Roche, il avait signé son Feutre taupé. Lire la suite « Charles Aznavour : une voix sans frontières »

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