Bertrand Betsch : doucement mais sûrement

Onzième album pour Bertrand Betsch. Tout doux est un disque où il convient de ne pas trop se fier au titre pour jauger un album plus profond qu’une écoute superficielle pourrait le faire penser…

C’est sans doute parce que sa mélancolie pop n’est pas sans résonance avec l’univers d’un Souchon, d’un Dominique A… que Bertrand Betsch a encore du mal à faire entendre sa petite musique des mots et des notes. Avec Tout doux pourtant, la natif de Draveil, plus toulousain que nature désormais, laisse la tristesse derrière lui pour signer un disque qui, sans être béat devant la vie qui va, livre quelques belles plages de douceur. Comme si écrire et chanter pouvait lever les tentations d’un spleen existentiel. Dans Ça vaut la peine, il murmure de sa voix chaude : « Siffleur, souffler / Et envoyer / Quelques mots doux/ Pas des cailloux/ Écrire, chanter/ Ou murmurer/ Des élégies/ Des poésies (…) Alors ça vaut le coup/ Alors ça vaut la peine. »

Et si la référence à Barbara est plus que limpide dans J’espère avec ces deux vers « Dis quand reviendras-tu  / Dis au moins le sais-tu? »,  Bertrand Betsch joue les médecins des âmes, surtout quand elles sont tristes. Avec un message perlé au gré des chansons : pourquoi ne pas tirer des petites joies de nos peines profondes ?

Musicalement, Bertrand Betsch se joue sur des rythmiques différentes, tout en forçant ni sur les arrangements clinquants, si sur le tempo. On passe d’une mélodie à la Velvet Underground (J’espère) à un trip-hop des familles (Chamaille), en passant par un skank reggae (Ça vaut la peine). Côté arrangements, Salomé Perli fait un travail subtil mariant cordes et percussions latines par exemple dans le très beau Demain toujours.

« Aimons cette personne/ Qui se cache au fond de nous » : telle est l’invitation au voyage de Bertrand Betsch dans ce disque où l’artiste-artisan (il suffit de voir ses contributions à la création de cet opus) invite à une lecture lumineuse de l’existence. Sans quitter le terrain de l’intime. Et si c’était l’album qui lui permettait d’échapper – enfin –  au statut d’artiste confidentiel ?

(*)  Microcultures Records/Differ-Ant)

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