Quand Jo devint Moustaki

Le Métèque et Bobino 70 (*) est un coffret qui a de quoi susciter la curiosité des amoureux de Moustaki car il révèle quelques jolis inédits ou versions rares.

La photo du coffret est célèbre depuis des lustres : c’est celle du fameux disque Le Métèque qui permit à l’ancien protégé de Piaf de se faire un nom et de commencer à tourner sur bien des scènes.

Doux sourire, chevelure poivre et sel : l’image de Moustaki donne envie de partager un bout de chemin avec celui qui popularisera les créations du grand Manos Hadjidakis (La Pierre ou Le Facteur). Connu aussi est le premier « live » de l’artiste et ce Bobino 70 : sur la pochette, cigarette au bout des doigts, Moustaki joue de la guitare douze cordes sur une photo teintée en orange. Guitariste accompagnateur de Moustaki à l’époque – et présent ensuite au côté de Brassens de longues années – Joël Favreau se souvient du premier groupe monté pour les propositions de concerts : « Pas de partitions. Jo faisait beaucoup de place au collectif. C’était dans l’esprit de cette époque, mais c’était aussi son tempérament. Les répétitions sont plutôt des bœufs et les choses se structurent pas décantation. »

Mais là où le coffret devient intéressant, c’est avec les deux CD bonus. Dans le premier, figurent des versions inédites ou difficiles à dénicher : cinq chansons captées lors d’une audition chez Philips en 1957, notamment ce Jean l’Espagnol, chanté d’abord par Jean Ripa en 1956 et que reprendre ensuite Édith Piaf. Et si le duo avec Barbara sur La Dame brune est très connue, on est plus étonné de redécouvrir celui fait sur Fleur de méninge, et capté lors d’une répétition chez lui en 1962. Autre morceau étonnant, la version de Bébé requin, de Joe Dassin !  Enfin, il y a quatre chansons signées Mikis Theodorakis et dont Moustaki fit les arrangements, notamment le splendide Andréas, dédié à un camarade de captivité durant la dictature des colonels. Sans oublier la très belle adaptation du poème de Manos Eleftheriou, L’Homme au cœur blessé.

Quant au quatrième CD, il propose une version étoffée du concert de Bobino 70 avec  un autre ordre des chansons et surtout plus de titres. Avec, comme voix féminine, celle, magnifique, de Catherine Le Forestier, cette mouture offre la présentation des musiciens, symbolique de la manière de penser le collectif par Moustaki, Joseph, La Carte du tendre ou encore l’ouverture avec Il est trop tard.

Enrichi par une belle pochette en noir et blanc, ce coffret apporte vraiment du neuf dans la discographie de Moustaki.

(*) Disque Polydor

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