Laïn sur le pont

Quatre titres, c’est peu pour se faire une idée d’une artiste. Dans le cas de Laïn, c’est amplement suffisant tant son EP Matelot vous embarque dans un univers électro-pop qui ne sonne pas pour rien !

Petite, Laïn a baigné dans la musique. Chez elle, les heures étaient rythmées par Keith Jarrett que ses géniteurs écoutaient en boucle, ou encore Brad Meldhau. Elle avoue encore que le Michel Portal de Turbulences n’a pas été étranger à ses rêves de musique.  De l’autre côté des influences, il y a avait aussi la chanson française, celle des Ferré, Barbara et autre Philippe Léotard. Mais Laïn est une enfant de son époque et elle a assimilé bien des influences pour les faire siennes. Il ne restait plus qu’à…

Installée depuis six ans à Paris, elle a dû batailler pour imposer son style, et faire les bonnes rencontres. En juillet 2015, ce sera Jean Fauque lors des Francofolies de La Rochelle qui lui confiera un texte écrit pour Alain Bashung et que celui-ci adorait  : On sera sur. Pour son premier EP, Matelot, construit avec HIPSTA, son réalisateur et arrangeur,Laïm propose quatre chansons qui sont au « carrefour de nombreux styles, » comme elle le reconnaît. Pour autant, ces quatre morceaux détonnent déjà d’une vraie personnalité… D’HIPSTA, elle dit : « J’ai enfin trouvé mon binôme, celui qui sait traduire en musique mes émotions, celui avec qui je créé, avec qui je partage tous mes mots, mes influences cinématographiques (Lynch, Pialat, Audiart, Antonioni…) et littéraires (Zweig, Colette, Romain Gary)… » Lire la suite « Laïn sur le pont »

Eddy de Pretto : pourquoi ce choc ?

En un album, Cure, et quelques passages à la télévision, Eddy de Pretto s’est fait une place de premier plan. D’aucuns le comparent à Stromae. Pourtant Eddy est unique.

Sur le petit écran, avec simplement un iPhone relié à un câble, il fait le show. Eddy de Pretto est vraiment un artiste de son temps, capable d’occuper bel et bien la scène en solo. Quand il a présenté son premier EP, Kids, en octobre 2017, il n’avait pas de musicien hormis un batteur pour ses concerts…

Avec Cure, Eddy de Pretto prouve qu’il n’est pas l’artiste d’un soir mais quelqu’un qui a assez de souffle pour durer. Comme Stromae, il a assimilé tous les styles musicaux, de la chanson classique au hip hop pour les mélanger dans son mixeur personnel et se créer ce style qui n’a pas vraiment d’égal. Mais, il est plus facile de faire des comparaisons hâtives – Stromae y avait eu droit avec Jacques Brel – que d’essayer de cerner l’originalité d’une personnalité. Même si leur clip révèle le même sens des images, del’autodérision et d’une certaine communication chez ces deux artistes.

Chez Eddy de Pretto, il y a une inspiration autobiographique très grande. Il est vrai, parvenir à se faire connaître dans la chanson quand on est né en banlieue – le 2 mai 1993, à Créteil -et qu’on est le fils d’un chauffeur de poids-lourd et fan de football et d’une mère, technicienne de laboratoire « passionnée de culture », n’était pas la chose la plus évidente du monde. Et il fallait une volonté certaine pour tenter de suivre une voie artistique.

De cette vie dans une ville de la banlieue du Val-de-Marne, qui lui a inspiré l’excellent texte de Beaulieue, Eddy doit sans doute ce désir de se dépasser, de « sortir du cadre ». Dans une de ses nombreuses interviews, il glisse : « Il y a un peu ce truc de carcan en banlieue, qu’on le veuille ou non : on nous dit qu’on est en marge, qu’on va arriver à rien, qu’on va mal finir. Moi j’avais des rêves plein la tête et une petite voix me disait que j’allais y arriver. « 

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Fontaine Wallace : un premier album racé

Le premier album éponyme (*) de Fontaine Wallace est un petit miracle d’équilibre. Avec des histoires en apparence simples et directes qui touchent dès la première écoute, ce groupe sait faire partager des atmosphères singulières.

Certains des musiciens de Fontaine Wallace ont déjà fait leurs armes avec des groupes comme Superflu, Luke ou encore Prohibition. On voit qu’ils ont un certain métier  dès qu’on écoute la première chanson de l’album, Une odyssée, dont la pop accrocheuse et raffinée retient vite l’attention. Tout le reste de l’album se déroule sans anicroches avec des mélodies qui s’insinuent doucement, portées par de belles harmonies musicales.

Accompagné de Cécile Beguery à la basse, de Ludovic Morillon à la batterie et de Fabrice de Battista aux claviers, Nicolas Falez- qui assure le chant et la guitare – déroule une série d’histoires qui s’inspirent du quotidien sans en rester captives.

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Léo 68

Qui mieux que Léo Ferré pourrait accompagner l’anniversaire des cinquante ans de mai 68 ? Il y a cinquante ans,  jour pour pour, Ferré se produisait à Paris…

Vendredi 10 mai 1968 : avec son ami pianiste, Paul Castanier, génie de l’improvisation jazzique, Ferré chantait à un Gala de la Mutualité à Paris, alors que Paris s’embrasait. Resté inédit, ce concert figure désormais dans un solide coffret, Léo Ferré – Mai 68 (*). Outre deux CD thématiques avec quelques chansons impliquées splendides – de Franco la muerte et cette formule choc « T’es pas Lorca, t’es sa rature ! » à Thank you Satan-  ce coffret propose donc la captation du spectacle que Ferré débute avec La Mort, évocation à la sombre mélodie en mineur de la camarde qu’il chanta si souvent, comme Brassens. Outre des chansons d’amour, – Le Bonheur, Le Lit, les Testament – Ferré monte en puissance avec un chant qui est comme un écho de ce qui se passe dans les rues du Quartier latin.

Les Anarchistes  (version Bobino 69)

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Quand Jo devint Moustaki

Le Métèque et Bobino 70 (*) est un coffret qui a de quoi susciter la curiosité des amoureux de Moustaki car il révèle quelques jolis inédits ou versions rares.

La photo du coffret est célèbre depuis des lustres : c’est celle du fameux disque Le Métèque qui permit à l’ancien protégé de Piaf de se faire un nom et de commencer à tourner sur bien des scènes.

Doux sourire, chevelure poivre et sel : l’image de Moustaki donne envie de partager un bout de chemin avec celui qui popularisera les créations du grand Manos Hadjidakis (La Pierre ou Le Facteur). Connu aussi est le premier « live » de l’artiste et ce Bobino 70 : sur la pochette, cigarette au bout des doigts, Moustaki joue de la guitare douze cordes sur une photo teintée en orange. Guitariste accompagnateur de Moustaki à l’époque – et présent ensuite au côté de Brassens de longues années – Joël Favreau se souvient du premier groupe monté pour les propositions de concerts : « Pas de partitions. Jo faisait beaucoup de place au collectif. C’était dans l’esprit de cette époque, mais c’était aussi son tempérament. Les répétitions sont plutôt des bœufs et les choses se structurent pas décantation. »

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La voix Maurane

Claudine Luypaerts, plus connue sous le nom de Maurane, a été retrouvée morte à son domicile de Bruxelles. Elle avait 57 ans et préparait un disque en souvenir de Jacques Brel. Hommage en clip.

Après deux ans d’absence suite à des soucis de cordes vocales, Maurane avait annoncé son retour  jeudi dernier sur sa page Facebook :  « Aujourd’hui, je remets officiellement les pieds sur une scène après plus de 2 ans d’absence. Je ne vous dirai pas dans quel état je suis… Vous devez vous en douter. »

Soudainement retrouvée morte, elle nous laissera un dernier disque enregistré en hommage à Jacques Brel pour le quarantième anniversaire de sa disparition. La sortie était prévue pour l’automne prochain.

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Yvan Marc se met au vert

Quinze ans de discographie n’ont pas émoussé l’inspiration d’Yvan Marc, artiste pop rock. Avec Nos dimanches (*),  il garde les pieds sur terre, semble plus apaisé mais ne renie pas des convictions qu’il a chevillées au corps.

Compagnon de route de Mickaël Furnon, alias Mickey 3D, et de Pascal Collomb – qui joue sur Nos dimanches et assuré les arrangements – Yvan Marc mène sa carrière sans faire de bruit, tout en continuant à enseigner en parallèle à des jeunes en lycée agricole d’Yssingeaux. C’est en artisan qui garde les pieds sur terre qu’il signe son septième disque, Nos dimanches.

Le premier clip extrait du disque, Sous les gants, tourné au Puy-en-Velay et dans lequel figure son fils,  donne le ton d’un ouvrage moins impliqué dans son engagement, moins porté à dénoncer les désordres du monde (on se souvient du réjouissant Propaganda par exemple). Au magazine Francofans, il s’explique en ces termes : « J’ai écrit beaucoup sur la société, l’engagement et j’ai eu l’impression de tourner en rond. J’avais envie d’explorer d’autres contrées, peut-être avec des albums un peu plus proches de moi, plus intimistes dans lesquels je suis moins dans la revendication et la critique. »

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