Des troubadours modernes

Mot d’origine germanique, « Heimatlos » signifie « apatride, exilé ». Le groupe Lo Radzouka s’en sert comme titre de son troisième album, le  disque de bien des métissages. Et qui vous emporte loin…

 

Un pour tous, tous pour trois. Lo Radzouka est un trio qui dépote et joue sur une palette musicale aussi large que variée. Pour ce nouveau disque, Heimatlos,  Lo Radzouka  confirme la tendance : à côté du bon « vieux » piano, figurent au générique d’Heimatlos une vieille à roue, un charango ou encore un bouzouki. Il fallait bien ces instruments de tous les métissages pour rendre hommage à ce mot qui continue à hanter certaines mémoires : sans patrie. Il désigne aussi tous ceux – juifs, tziganes, homosexuels… – qui ont fui leur pays pendant la période nazie. Sur la pochette du disque, Heimatlos  annonce la couleur : « Apatride comme la musique que nous jouons et comme un hommage à ceux qui sont contraints de l’être. »

Pour une moitié, leur nouvel album est constitué de  morceaux instrumentaux qui donnent des fourmis dans les jambes et incitent à prendre le large, comme Valsouchola ou Heimatlosd. Des arrangements qui offrent à Lo Radzouka  la possibilité de promener une inspiration large aussi bien sur  les musiques de l’Europe de l’Est que sur des rythmes latino-américains.

L’autre versant du disque propose  des chansons. L’une d’entre elles, Per Fols Tenc, a une résonance particulière.  Signé du troubadour occitan du XIIème siècle,  Peire Carenal, les vers résonnent étrangement  avec l’actualité tourmentée du monde moderne : « Je crois qu’à l’heure de la mort, nul n’emporte richesse ni parure mais les actions qu’il a accomplies. / Et savez-vous ce qu’il recueillera de toutes ces guerres et tumultes ? » De la guerre, il en est encore question dans Le Reste du Monde où un père parle à sa fille aussi bien de l’inhumanité des conflits qui ensanglantent le monde que des désastres écologiques qui nous entourent.

Quant à Trou de mémoire, c’est le récit de de la dernière journée d’une personne qui n’a pas de domicile fixe et des raisons qui l’ont conduite là. Une chanson qui se conclue par trois vers sonnant comme un cri d’alarme : « Le jour est là et je suis mort/ Il n’y a personne pour pleurer/ Maintenant je me fous du sort/ Je vais enfin me reposer. » On peut aussi dire les choses avec un humour certain et le trio termine ce voyage musical avec un hommage à Prévert.

Voilà en tout cas un disque taillé pour la scène. Un lieu qu’affectionne ce groupe fondé en 2008 au Puy-en-Velay  et qui a commencé à tourner près de son camp de base pour mettre en lumière ce nouvel album. Lo Radzouka qui n’a qu’un credo : ne pas s’imposer de « frontières musicales » et des artistes qui se présentent comme des « dérangeurs de musique. »

(*) Inouie Distribution. Labeldiff 43

Découvrir quelques titres en cliquant sur ce lien

En attendant de nouvelles vidéos, voilà une mise en bouche avec ce reportage de 2015 et une version d’un classique de Brassens.

 

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