Le « cri essentiel » de Hugh Coltman

Il avait rendu un hommage remarqué à Nat King Cole. De retour avec ses propres chansons dans Who’s Happy ? (*), Hugh Coltman signe un disque magnifique, porté par sa voix puissante où, une fois encore, il débarque là où on ne l’attendait pas…

On l’avait quitté en 2017, avec une victoire de jazz pour son Shadows : Songs of Nat King Cole. On le retrouve quelques mois plus tard avec Who’s Happy, un disque où il a pris le chemin de la Nouvelle Orléans pour enregistrer de nouvelles compositions accompagné d’un brass band local et du guitariste et co-réalisateur de l’album : Freddy Koella qui a aussi bien joué avec Bob Dylan, Willy DeVille que Francis Cabrel.

Dès la première écoute, c’est une petite claque tant le crooner anglais a le timbre chaud adéquat pour célébrer un blues des familles, en passant allégrement du rock au jazz. L’artiste, âgé de 47 ans, avait prévenu : « Je compose aussi, j’ai envie de chanter mes propres chansons, mes mots à moi ».

Porté par le brass band, les riffs des guitares folk conduites par Freddy Koella et des cuivres soul, qui sonnent comme dans les bonnes vieilles processions, son disque décoiffe sévère et on se laisse porter d’une plage à l’autre, y compris quand Hugh Coltman s’amuse à faire swinguer des paroles made in France. « La musique de la Nouvelle Orléans n’est pas forcément virtuose; elle met en avant le cri essentiel« , dit-il. Et le sien a un sacré écho…

Et même quand il évoque la maladie d’Alzheimer frappant son père, dans All Sleeps Away, Hugh Coltman conserve une énergie profonde. S’il  a dédié une chanson, Little Big Man à son fils – certains titres ont été écrits à Montreuil où il réside avec en famille – d’autres restent connectés à la réalité américaine. Ainsi, dans Sugar Coated Pill, il raconte l’histoire d’un mec au bout du rouleau qui hurle dans son téléphone, fracassé par « les traites à payer pour sa maison » en pleine crise des subprimes.

Refusant de choisir entre les styles, plongeant sa voix avec bonheur dans bien des registres, Hugh Coltman  signe aussi un très beau duo avec Mélissa Laveaux, qui fait une incursion en langue française, canado-haïtienne, sur Hand Me Down qui évoque les questions de transmissions. En tout cas, ce magnifique album a tout pour offrir un spectacle détonnant et l’artiste se produira, entre autres, au Bataclan à Paris le 12 avril.

Entre les références au piano de Rubén Gonzalèz et celles du Tom Waits de Swordfishtrombones, Who’s Happy apporte un vrai souffle d’air vrai et d’authenticité dans la monotonie ambiante.

(*) Disque Okeh/Sony Music

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