Au commencement était… Joan Baez

The Indispensable Joan Baez (1959-1962) nous fait retrouver l’artiste à l’orée des années 60. C’est le moment où l’artiste incarne le renouveau du folk avec sa voix cristalline qui peut tout se permettre. Ou presque.

Dès son adolescence, Joan Baez a choisi un style dépouillé qui met en valeur sa voix cristalline et son vibrato magnifique. Marquée par Pete Seeger bien sûr, Woody Guthrie mais aussi The Carter Family et le Kingston Trio, Joan a très tôt connu le succès. En prime, elle dispose d’une sacrée technique de guitariste et maîtrise le finger pincking de manière magistrale comme on peut l’entendre avec une chanson comme Lowlands.

Menant une vie de bohème, Joan Baez a été très tôt une figure féministe à l’engagement sans failles pour les causes qui comptaient à ses yeux. Et elles furent nombreuses. Amie d’un Martin Luther King, cette apôtre de la non-violence a marqué les esprits dès ses premiers albums qui sont réunis dans ce coffret et prouve à quel point elle a, dès ses débuts, trouvé sa voie et sa voix.

On mesure son aura en écoutant le dernier CD proposé, celui d’un concert de 1962 où le public vibre à l’unisson sur des titres comme Kumbaya. Et la finesse de ses interprétations avec un chef d’œuvre comme Donna Donna, version anglaise d’une chanson yiddih qui décrit le calvaire d’un petit veau que l’on conduit à l’abattoir.

Pour le reste, ce coffret permet de se souvenir, s’il en était besoin, comment Joan Baez a su, avec une intelligence rare, puiser dans le patrimoine folk pour le moderniser sans le dénaturer. Que ce soit avec Silver Dagger, ballade folk où une mère renvoie l’amoureux de sa fille pour lui éviter un chagrin d’amour ou avec Railroad Boy qui narre l’histoire d’une jeune femme qui se suicide par chagrin d’amour, un air que Joan chantera quelques années plus tard avec Bob Dylan dont elle tomba amoureuse.

Enfin, ce coffret montre à quel point Joan Baez s’engagea dès ses premiers albums. Ainsi dans le concert de 1962, elle évoque les dangers des retombées radioactives (quelques mois avant que John F. Kennedy n’interdise les essais nucléaires à l’air libre) avec la chanson What Have The Done to the Rain.

Enfin, comme à l’accoutumée le livret du coffret, signé Bruno Blum, offre un complément idéal de lecture à l’écoute de ces disques majeurs de Joan Baez. En attendant son passage sur scène en France du 4 au 17  juin prochain. On the road again…

(*) Disque Frémeaux & Associés

 

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