Les rêves de Nosfell

Echo Zulu, le nouvel album(*) de Nosfell est à l’image d’un artiste qui aime les chemins de traverse, créer en dehors des sentiers balisés de la musique. Aussi original que parfois déroutant.

Pour plonger dans l’univers de Nosfell, il faut aimer les surprises tant cet auteur-compositeur-chanteur- danseur  et interprète, né en 1977, peut glisser d’un univers à l’autre avec son univers pop qui frappe comme un uppercut. De fait, entre  la rythmique déjantée de The Short-Timers et la ballade douce amère de Les Gorges, il y a un monde : on le voit, Nosfell ne pratique pas le grand écart que sur les pistes de danse. Et du rock au funk en passant par des envolées poétiques avec les arpèges de guitare du Corps des songes, l’artiste ose tout ou presque sans chercher l’unité, voire l’harmonie.

Souvent, c’est le rythme qui vient, seul, soutenir le chant et cette voix qui se permet de monter parfois dans les hauteurs. Ne jouant que de la guitare baryton à quatre cordes, accordée comme un violoncelle, Nosfell a choisi Frédéric Gastard pour superviser les arrangements qui a utilisé une bonne collection de synthétiseurs des années 70 avant qu’Emiliano Turi ne signe la réalisation de ce disque en assurant, lui-même, les parties de batterie.

Dégainant des mots qui cultivent un goût certain pour les énigmes, le double sens – avec 5 titres en français, 5 en anglais et 1 titre bilingue-  Nosfell peut aussi bien évoquer les inutiles batailles subies par le peuple quand il évoque notamment les « bouchers de Verdun » dans Les Rois, que les tensions internes (La Ressasse) avant de faire une pause pour saluer Prince (The Party ou le clip de La Blessure). Et le disque se termine par une plage de huit minutes, Le Corps des songes, en forme d’évocation d’un rêve qui pourrait avoir des airs de cauchemar. Au demeurant, il tient à souligner : « Les rêves sont une essence dont les réserves sont inépuisables. » La preuve…

Après son triptyque aux 36 invités et 7 voix, Nosfell poursuit sa manière de chanter hors des clous, mélangeant les langues et les genres pour se créer un univers personnel.  Un album qui est taillé pour affronter la scène : Nosfell sera, notamment, au Café de la danse à Paris le 15 novembre prochain. Une manière de découvrir autrement un artiste qui exprime le désir d’être « intime sans être impudique. »

(*)Disque Differ-Ant

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