Catherine Ringer : la fantaisie à vie

On l’avait quittée sur de magnifiques thèmes argentins il y a trois ans et l’album Plaza Francia. Catherine Ringer est de retour pour des variations sur la temps qui passe et les souvenirs qui vous construisent…

Catherine Ringer cultive l’humour (souvent noir) et la musique depuis des lustres. Avec Chroniques et Fantaisies (*), elle persiste et signe après d’autres collaborations, notamment ce splendide duo sur Idées noires, avec Bernard Lavilliers. Elle a simplement annoncé : « Je reviens avec ce que je faisais avec les Rita. Les chansons sont toutes un peu différentes. Ça peut être des sensations personnelles comme des histoires de gens, des chroniques, des fantaisies… »

La cohérence de cet album ? C’est Catherine Ringer elle-même, interprète d’une pop-électro qui offre un écrin idéal à sa vision décalée et humoristique du monde et des gens, même quand l’époque n’a rien de tonique et pousserait plutôt à pousser un grand coup de gueule.

Signant seule, paroles et musiques, jouant du clavier, Catherine Ringer célèbre la fantaisie sur tous les tons : de la comptine enfantine de La Petite Planète (commençant par une rituelle formule : « Loin, très loin d’ici/ Il y a bien longtemps/ Voilà l’histoire. ») à une valse endiablée sur un texte évoquant le couple qui dure (Leur amour) en passant par un hymne réussi à l’indignation (Obstination). Elle y martèle : « Oui mais moi je resterait/ Comme je pourrai je me battrai/ Je forgerai mon courage/ Et je transformerai ma rage. »

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Aux racines d’un jazz

Pelican Blues (*), c’est le deuxième disque du trio Fox qui s’est adjoint pour l’occasion les services de Chris Cheek, grand nom américain du saxophone. Avec, en prime, un invité de marque : l’accordéoniste Vincent Peirani. Un voyage inspiré aux racines du jazz américain.

Un retour au berceau du jazz : c’est l’ambition du trio Fox (le guitariste Pierre Perchaud, le contrebassiste Nicolas Moreaux et le batteur Jorge Rossy) avec Pelican Blues, un disque où, en compagnie du grand saxophoniste Chris Cheek, ces musiciens laissent voguer leur imaginaire musical en s’inspirant des thèmes  associés à La Nouvelle-Orléans. Sans pour autant jouer sur une simple reprise de tubes locaux. Le seul vrai morceau identifiable est un extrait de la bande originale du film Un tramway nommé Désir, classique d’entre les classiques.

Ainsi  Mardi Gras/ Bubble Gumbo sonne comme un clin d’œil musical direct à deux éléments incontournables des traditions de La Nouvelle-Orléans : les parades du carnaval et la spécialité culinaire locale, ce ragout originaire de la Louisiane française au cours du XVIII siècle. Plus loin, on remarque Canoë, errance musicale sur les « coureurs des bois », ces hommes d’aventure qui remontaient les nombreux cours d’eau de la région pour organiser la traite des peaux avec les Amérindiens.

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Au commencement était… Joan Baez

The Indispensable Joan Baez (1959-1962) nous fait retrouver l’artiste à l’orée des années 60. C’est le moment où l’artiste incarne le renouveau du folk avec sa voix cristalline qui peut tout se permettre. Ou presque.

Dès son adolescence, Joan Baez a choisi un style dépouillé qui met en valeur sa voix cristalline et son vibrato magnifique. Marquée par Pete Seeger bien sûr, Woody Guthrie mais aussi The Carter Family et le Kingston Trio, Joan a très tôt connu le succès. En prime, elle dispose d’une sacrée technique de guitariste et maîtrise le finger pincking de manière magistrale comme on peut l’entendre avec une chanson comme Lowlands.

Menant une vie de bohème, Joan Baez a été très tôt une figure féministe à l’engagement sans failles pour les causes qui comptaient à ses yeux. Et elles furent nombreuses. Amie d’un Martin Luther King, cette apôtre de la non-violence a marqué les esprits dès ses premiers albums qui sont réunis dans ce coffret et prouve à quel point elle a, dès ses débuts, trouvé sa voie et sa voix.

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Les voyages latinos de Liza del Mar

La Babiole (*) est le nouvel album de Liza del Mar, une artiste dont la spécialité est d’adapter des chansons françaises en espagnol mais qui sait aussi faire œuvre originale.

Pour cet album, Liza del Mar a fait une rencontre : celle de Michel Eyan. Aussi branché pop que Liza vibre aux sonorités latines – elle enseigne aussi l’espagnol- , il a ciselé les arrangements de son album La Babiole. Liza est une artiste solaire dont la voix, tour à tour sensuelle ou puissante, livre des mélodies en forme de « strip-tease de l’âme ». Après Jardin de amor, un cinq titres en forme de carte de visite, elle offre cette fois un voyage musical électro-pop marié à une sensualité latino.

Liza del Mar offre aussi bien des reprises –Sol de verano donne à entendre une version bossa nova de Que je t’aime, LE classique de Johnny Hallyday – que des inédits dont elle a signés certains en français ou en espagnol. Une langue particulièrement adaptée à l’expression des sentiments amoureux, la preuve avec Adicción, où, en faisant un détour par la langue de Molière, elle psalmodie : « Toi mon addiction/ Toi le fruit des mes passions/ Te voir te revoir encore. » Inspirée encore par les déboires amoureux, Liza conjugue encore la passion sur le mode cinématographique avec 1.2.3. Cinéma. « L’amour c’est le goût amer d’un fruit/ Que le ver a rongé sans un bruit. »


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Les rêves de Nosfell

Echo Zulu, le nouvel album(*) de Nosfell est à l’image d’un artiste qui aime les chemins de traverse, créer en dehors des sentiers balisés de la musique. Aussi original que parfois déroutant.

Pour plonger dans l’univers de Nosfell, il faut aimer les surprises tant cet auteur-compositeur-chanteur- danseur  et interprète, né en 1977, peut glisser d’un univers à l’autre avec son univers pop qui frappe comme un uppercut. De fait, entre  la rythmique déjantée de The Short-Timers et la ballade douce amère de Les Gorges, il y a un monde : on le voit, Nosfell ne pratique pas le grand écart que sur les pistes de danse. Et du rock au funk en passant par des envolées poétiques avec les arpèges de guitare du Corps des songes, l’artiste ose tout ou presque sans chercher l’unité, voire l’harmonie.

Souvent, c’est le rythme qui vient, seul, soutenir le chant et cette voix qui se permet de monter parfois dans les hauteurs. Ne jouant que de la guitare baryton à quatre cordes, accordée comme un violoncelle, Nosfell a choisi Frédéric Gastard pour superviser les arrangements qui a utilisé une bonne collection de synthétiseurs des années 70 avant qu’Emiliano Turi ne signe la réalisation de ce disque en assurant, lui-même, les parties de batterie.

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