Léo et les siens

Le tome 2 de L’Intégrale Léo Ferré et ses interprètes, 1957-1962 (*) est à marquer d’une pierre blanche car l’on y découvre des versions oubliées des classiques de cette graine d’ananar.

Dans ce coffret de 3 CD, il y a des disques incontournables du Ferré qui était encore peu connu du grand public. D’abord ses versions des Fleurs du mal avec La Mort des amants, L’Invitation au voyage, dans des interprétations auxquelles Ferré donnera plus de mordant sur scène des décennies plus tard. On y retrouve aussi des textes des années Odéon, telles que Les Indifférentes, une très belle chanson, et Comme dans la haute. Enfin, il y a le classique des classiques, Les Chansons d’Aragon où Ferré habille magnifiquement les poèmes de l’auteur des Yeux d’Elsa, que ce soit Est-ce ainsi que les hommes vivent ? et surtout L‘Affiche rouge,  dont les chœurs tragiques accompagnent cette ode au martyre de la bande à Manouchian.

Mais, le plus surprenant dans ce coffret, ce sont les interprètes réunis autour du répertoire de l’auteur de Thank you Satan et qui redonnent vie à des chansons parfois oubliées.. On y retrouve Jacques Douai, Juliette Gréco et Catherine Sauvage, deux grandes diseuses des mots de Ferré, Philippe Clay à la diction parfaite et qui donnait de la voix sur un titre confidentiel Stances de Ronsard (ci-contre), ou encore Marc Ogeret pour Noël – Madame à minuit, de Luc Bérimont, une musique peu connue de Léo…

Enfin, il y a les vestiges d’une époque datée dans la manière de chanter comme les versions de Renée Passeur qui fleurent bon les années 50. Et que l’on avait complètement oubliées.

Pour la chronique « ferréienne », figurent dans ce coffret les interprétations de Zizi Jeanmaire, de petites raretés comme Les Petits Hôtels et Paris-taxis. Avec la danseuse-chanteuse et son mari-mentor, Roland Petit, les relations connurent des hauts et beaucoup de bas. En effet, Ferré avait signé le livret d’un opéra, La Nuit qui ne connaîtra que quelques représentations en 1956. Dans une lettre d’adieu à Roland Petit, Ferré, jamais avare d’une formule en coup de serpe, écrira : « Monsieur, grâce à vous, j’ai mis le pied dans le tout-Paris. J’espère que cela me portera bonheur. » Dernier atout non négligeable de ce coffret, les premières versions de Les Copains de la Neuille et L’été s’en fout, interprétées par Ferré.

C’est à cette époque, notamment par le truchement de tous ces interprètes, que Ferré va élargir son auditoire avant que mai 1968 ne le fasse éclater seul sur scène.

(*) Disques Frémeaux & Associés

Renée Passeur, Les Femmes

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Zizi Jeanmmaire, Les Petits Hôtels

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