Géraldine Torres, une indignée douce

Un premier album haut-en-couleur pour Géraldine Torres. Avec La Vie sur les os(*), la chanteuse, riche de dix ans de métier en groupe et sur la route, prouve la palette de son talent.

D’emblée, Géraldine Torres cueille son monde par une énergie partageuse. La voix rauque de la dame nous embarque vers des territoires où l’indifférence n’est pas de mise et la colère jamais feutrée. Pour preuve, la chanson dédiée au 11 septembre. Pas celui des tours jumelles de New-York, non celui d’un triste jour au Chili où la dictature militaire mit fin au désir de changement politique de Salvador Allende en son palais de La Moneda et où la guitare de Yann Pompidou distille une douce nostalgie des temps sans bruits de bottes. On sent chez Géraldine Torres le désir qu’une tragédie n’en efface pas une autre dans la mémoire collective.

Le reste d’Avec la vie sur les os est à l’image de ce titre : inspiré, solide, puissant. Et varié. Ce qui n’est pas courant dans l’univers musical actuel où la confession intime (et lassante) tient lieu de passeport…


Il est vrai, la dame connaît la scène. Après dix années passées au sein du groupe Face à la mer, dont elle était fondatrice et chanteuse, après avoir croisé la route de nombreux groupes – la Mano Negra, La Rue Kétanou, Karpatt… – elle suit désormais sa voix. Très personnelle.

Troubadour des temps modernes, elle évoque aussi bien à mots couverts dans Le Phare un autre grand des planches, trop tôt disparu, Allain Leprest, qu’elle célèbres les grandes voix latinos avec Los Hermanos, de Atahualpa Yupanqui ou salue les revendications sociales dans Viles Morales. Et l’on ne peut rester insensible à son évocation de la beauté et l’équilibre si fragile du danseur dans Le Ballet, sur une mélodie portée par un violon délicat. Unissant  tango,  rock à la française, avec la belle introduction de guitare électrique sur Poupée De Verre, de balades folk, de rythmes latinos, l’artiste a trouvé un style personnel.

Désormais en première ligne, Géraldine Torres semble croire à des lendemains qui chantent et qui enchantent. Notre époque de consensus bienveillant en a bien besoin…

(*) Disque  L’Autre Distribution

Pour la suivre en un clic.

Quand elle chante les autres, l’émotion est bien à fleur de peau. Ici avec L’Écharpe, de Maurice Fanon.

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