Soan sonne l’alarme

Voix cassée et profonde, Soan revient sur le devant de la scène avec Celui qui aboie (*). Un CD où il chante à plein cœur pour un opus enregistré en cinq jours.

Dès le départ, Soan annonce la couleur avec Ces lumières, un texte sombre sur les amours blessées où la voix progressivement se fait puissante pour capter l’attention. « J’ai la mémoire à vendre à mes amours d’un soir » , lance t-il à fleur de désespoir avec des échos  – clairement revendiqués depuis ses débuts –  à  un Jacques Brel.

Tout au long de Celui qui aboie, Soan nous embarque dans un univers de bastringue où, harmonica et percussions se répondent pour évoquer par exemple l’ivresse dans la chanson-titre, en forme de confession intime assez réussie. Comme il évoque ses rêves de liberté dans Vingt cinq printemps où l’alcool n’est pas, une fois encore, très loin  : « La liberté c’est bon comme un verre dans le gosier. » Une chanson marquée aussi par sa relation amicale avec Jean Corti, un accordéoniste qui fut compagnon de route de  Brel et qui fit des prestations réussies plus récemment avec les Têtes Raides.

Lorgnant aussi bien du côté de Nirvana que d’un Nino Ferrer dont il reprend Agata, avec un arrangement d’un tango assez jubilatoire, Soan promène, pour évoquer sa Liberté, son inspiration, avec une ouverture aux accents mélodiques de western, dans des lieux interlopes que l’on sent enfumés.

Si Soan sait utiliser sa voix pour gueuler ses ironies et ses peines,  si ses mélodies montent progressivement en intensité (peut-être trop systématiquement), il peut aussi murmurer plus qu’aboyer et, à ces instants, quand il verse dans l’intimisme, il nous touche vraiment. Que ce soit dans Même loin, L’inattendue ou encore Le Chat. On sent alors aussi chez Soan les heures partagées avec un Christian Olivier des Têtes Raides ou l’influence du regretté Mano Solo. Et Chapeau de paille nous emporte aussi, par sa rythmique chaloupée, du côté des chansons de marin perdu.

A écouter les mots de Soan, on se prend alors à penser à la dernière phrase du romancier Henri Calet dans son ultime roman : « Ne me secouez pas, je suis plein de larmes. » La série de concerts que l’artiste a débuté fin mars fera halte  à Paris le 30 septembre prochain au Trabendo. Un lieu taillé pour servir d’écrin à un tel album acoustique.

(*) Disque Wagram Music

Publicités

2 réflexions au sujet de « Soan sonne l’alarme »

  1. De la qualité, tendresse et mélancolie.soan toujours sans demi mesure. Un vrai poète je vous dis.il mérite que les radios s’y intéressent . évidemment il ne flatteur pas dans le sens du poîl, mais d’autres avant lui ……..

  2. j’adore Soan les medias ; pas et maintenant Capeo lui fait de l’ombre même voix helas lui est pluyôt mediatisé mais je reste fidèle à Soan il était là avant non!!!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s