Prévert en vers… et contre tout.

Disparu il y a quarante ans, Jacques Prévert demeure le poète de la liberté et de l’audace. Béatrice Fontaine prouve son éternelle jeunesse dans sa fantaisie musicale : Prévert, Kosma… et moi (*).

Il y a chez Prévert, une simplicité apparente qui rend sa poésie accessible à tous. Et pourtant, pour parvenir à une telle fluidité, que de travail ! Il y a surtout chez Prévert un formidable appel à la liberté, un appel à prendre toutes les libertés. Qui a plongé dans Prévert ne peut que garder à l’esprit ses paroles.  Face à  Dieu qui n’arrête pas de polluer l’actualité, il faudrait obliger tout le monde à apprendre ces vers : « Notre Père qui êtes aux cieux /Restez-y Et nous nous resterons sur la terre/
Qui est quelquefois si jolie… »

On mesure la puissance de l’inspiration de Prévert en découvrant la fantaisie musicale de Béatrice Fontaine. Avec un sens consommé du jeu théâtral, elle revisite à sa manière les mots de Prévert : des poèmes lapidaires dont il avait le génie comme On frappe , Immense et rouge ou encore Le Jardin, à des textes plus développés comme Dans ma maison. Un album qui « fige » un spectacle éponyme que l’artiste a tourné deux ans sur scène. Et le côté vivant de cet hommage ne perd rien dans ce CD, tant la dame sait habiter les mots du poète.


« La poésie, c’est le plus joli surnom que l’on donne à la vie », disait Prévert dans une formule que cite Béatrice Fontaine. Après Juliette Gréco, Yves Montand ou les célèbres Frères Jacques, la dame donne donc de nouvelles versions de ces poèmes-chansons avec les arrangements ciselés d’Alexandre Leitao et Pierre Polvèche.

En mode majeur comme en mode mineur, Prévert sait griffer la vie quotidienne, ironiser sur les absurdités de l’existence et la connerie des hommes qui ont perdu leur âme d’enfant. Sur la pochette du disque, Béatrice Fontaine souligne : « Jacques Prévert Joseph Kosma ont enchanté mon esprit d’enfant. À l’école, il y avait des règles de grammaire et de calcul. Avec Jacques et Joseph, j’ai pu tordre le cou aux règles !  » Et on se laisse contaminer par un tel plaisir de se jouer des règles, de la hiérarchie et des certitudes.

Dernière invitation pour ce voyage prévertien : « Je chante pour les enfants quand leurs parents travaillent, et pour les parents quand leurs enfants dorment, et aussi pour tous ensemble s’ils le veulent bien ! » Paroles de Béatrice Fontaine.

(*)Disque Frémeaux & Associés

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s