Andréel et ses contes sur la vie moderne

Cinquième album d’Andréel, Que du feu (*) offre, sur des rythmes chaloupées et brésiliens, des chansons qui portent un regard décalé, parfois cruel, sur la vie moderne.

Andréel n’est pas un auteur-compositeur-interprète facile à suivre. Depuis ses débuts avec le théâtre et la comédie musicale à la fin des années 90, l’artiste a sorti un premier album solo en 2003, Ligne 2, marqué par les influences de la musique brésilienne qu’il n’abandonnera plus. Faillite de son label oblige, Andréel a ensuite fait, comme d’autres, le choix de l’autoproduction et composé aussi un conte musical pour les enfants. Le tout en préservant une manière artisanale de faire des disques. Il souligne :  « J’ai pris goût à l’écriture des arrangements, à l’enregistrement des instruments. La création artisanale m’a comblé fait de mes albums des œuvres avec leurs imperfections et leur personnalité, mais je crois une authentique humanité. »

Concevant ses chansons comme de petits tableaux vivants, Andréel traite bien sûr des tourments amoureux avec des chansons comme Pour que tu existes, interprétée à deux voix avec Pauline Croze, elle-aussi amoureuse de la bossa nova. Il y dit : « Quand je n’aurai plus d’amour à te donner, je serai si triste, je serai si triste, j’irai jusqu’au bout du monde te chercher pour que tu existes »

Plus loin, il évoque le corps féminin et le désir dans Petite femme : « Y a des couleurs dans tes toiles, des ciels, des voiles et des fleurs, y a des tatouages sur ton cœur, des regrets, des pleurs et parfois le bonheur, petite femme au joli cœur, parfois ton âme me parle ».

Mais Andréel n’est pas qu’un chanteur de mélodies langoureuses avec, au demeurant,  une sacrée brochette de musiciens à la manœuvre, tels Régi Batista à la guitare et Derico Da Purificaçaõ aux percussions et à la batterie. L’artiste sait aussi évoquer d’une manière détournée la maladie dans la très touchante Bernadette. Et se moquer des mondanités politiques et des conventions sociales dans Aux vœux de Monsieur le Maire où il chante : « Aux vœux de Monsieur le maire, on se presse pour serrer la louche à des rombières, des potiches au cul coincé, de vieux maîtres d’école, des crache-dents qui rigolent au regard vermoulu et à l’haleine qui pollue, on se bouscule au buffet, non pas pour de la bière mais du champagne s’il vous plaît. »

Au final, on se laisse bercer par les couplets qui ont une profondeur certaine d’un artiste et chanteur sans frontières.

(*)Station Anvers/ Believe

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