Réveille-nous Barbara !

Le Grand H de l’homme, c’est le disque (*) d’une artiste qui ose bien des textes sur des mélodies qui accrochent l’oreille  : Barbara Weldens.

Il faut se méfier de tout, y compris des pochettes des albums. Celui de Barbara Weldens a des allures d’images pour artiste punk. Dès la première écoute, on est bien loin de cet univers et on découvre une auteuse-compositeuse-interprète à l’inspiration aussi originale qu’émouvante. Avec des textes à la poésie à fleur de peau. S’il fallait tenter la comparaison, on pourrait dire qu’il y a chez cet artiste des ressemblances avec une Juliette.

Son premier album – dont le titre, Le Grand H de l’homme est déjà tout un programme – est le fruit de plusieurs années de recherche scénique marquée par un cocktail détonnant de musique, de poésie, de théâtre et de cirque.  Barbara Weldens aime les contrastes qui font mouche, des oppositions entre la violence et la douceur. La preuve avec les mots de sa chanson Femme qui la définisse bien :  Une part de moi est un homme, avec un grand H / Homme; homo sapiens; Homo habilis; habile/ Habile pour tout/ Même pour les créneaux connard !(…) Une part de moi est une femme, avec un petit f / Y a pas de grand F pour les femmes / Y a juste les « femme-encore » : / Encore une femme au volant / Encore une qui l’a bien cherché / Encore une féministe ! / Encore une salope / Encore une chienne / Encore ! encore ! encore ! »

Pour expliquer son inspiration, elle dit : « J‘écris avec ces deux instruments, la tête et le cœur. J’ignore tout du monde. J’ai le désir entêté de partager cela. Sans doute pour me libérer de ce thème qui m’obsède, la dualité des genres, leur complémentarité, s’il en est… Homme, Femme… J’aurais voulu raconter une vie, c’en est finalement une multitude qui s’entrechoquent ! La musique est l’espace où se jouent mes drames fantasques, mon théâtre, c’est le chant, mon style, c’est tous les styles, je suis tout le monde, je suis un slam qui palpite, un tango en colère, un rock qui se brise, une valse qui s’épanche, une cantate à bout de souffle… »

Avec une mise en ondes raffinée, l’artiste se joue des maux de l’âme avec ses mots, tour à tour rugueux ou tendres, servis par la tessiture d’une voix que l’on n’oublie pas.  Capable d’évoquer au détour d’une chanson une silhouette androgyne dans le revigorant Où sont mes nichons ? que de signer des paroles troublantes d’émotions avec Purple room, Barbara Weldens chante où on ne l’attend pas. Et l’on garde alors longtemps en mémoire son évocation du coup de foudre (L’organique vibration), celle de l’absence de l’autre (Du pain pour les réveille-matin, la chanson d’ouverture) ou encore son interrogation subtile sur les frontières entre l’amitié et l’amour (Emu mais digne).

En tournée en France, elle sera à l’affiche de Madame Arthur le 22 mars. Un tel album donne vraiment envie de découvrir cette enfant de la balle en chair et en os, tant son disque est un formidable hymne à la liberté, chantée sur tous les tons. Revigorant en diable !

(*) Printival/ Estive

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