Ce bon vieux temps du twist

Surprenante, cette Anthologie Twist français 1961-1962 (*) car, à côté des tubes incontournables, on découvre quelques raretés oubliées.

1961, c’est la France d’un gaullisme assumé, celle où les usines tournent rond et le plein emploi n’est pas de l’ordre du mirage. 1961, c’est une France en guerre coloniale mais qui a tourné la page de la saignée de 39-45 et du long labeur de reconstruction.

1961, c’est aussi l’année de l’irruption du twist, une musique de danse que fait découvrir dans son nouveau répertoire un certain Johnny Hallyday qui clame VIens dans le twist. Un temps mis sur la touche, les chanteurs « classiques » vont voir débouler une bande de jeunes artistes qui déclinent le genre sur toutes les ondes. Danse, musique, état d’esprit, le twist – de l’anglais « tordre » ou « se tortiller » – et tout cela à la fois tant la jeune génération a besoin de secouer le cocotier et d’exprimer une certaine rage de vivre dans une France bourgeoise qui sommeille. Issue du rock, cette musique dégage en tout cas une belle énergie et symbolise un bel appétit de vivre. D’où l’intérêt du coffret Anthologie Twist Français 1961-1962, en forme d’arrêt sur images sur cette tranche de vie musicale. Et qui, comme à l’accoutumée chez cet éditeur, est accompagné d’un solide livret bourré d’informations et de références.

Bien sûr, on peut y retrouve les classiques du genre : Hallyday, Eddy Mitchell et les Chaussettes noires, les Chats sauvages mais aussi les Vautours, ou encore les Pingouins et leur Voo-doo-twist. De quoi déguster une certaine dose de nostalgie remuante. On mesure combien en deux ans à peine, cette musique – née en 1959 avec The Twist, une chanson de l’artiste noir américain Hank Ballard –  a fait tourner les têtes des jeunes. Et conquis ses lettres de noblesse.

On avait même un peu oublié les prestations twist d’une Dalida (Achète-moi un juke-box) , ou le Twist SNCF, d’un Henri Salvador, toujours prêt à s’amuser sur des airs en vogue, comme l’a prouvé ses délires avec Boris Vian. En tout cas, le genre fait parler de lui et sur tous les tons en ce début des années 60.

Par la voix de son double humoristique, Henri Tisot, le général de Gaulle a même appelé  un « twist franc et massif » lors du référendum de 1962. Quant à Pierre Doris, passé maître en l’art de se moquer de tout sans perdre son sérieux et son humour grince, il a fait sien cette mode avec Chat chat botté twist.

Tout cela est bien sûr à retrouver dans cette riche anthologie qui comporte un CD tout à fait étonnant celui du Québec twist, qui rassemble les productions de nos cousins d’Amérique : des Baronets à Ginette Reno ou encore Lionel & Pierre, sans oublier le duo des Jérolas, né en 1955 (clip ci-dessous).

Aujourd’hui passé de mode, le twist au rythme si caractéristique, avec son double coup de caisse claire rapproché, revit avec force dans ce passionnant coffret.

(*) Disques Frémeaux & Associés

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