Fishbach : la voix nostalgique

Difficile de passer à côté du concert d’éloges qui accompagne la sortie de A ta merci, premier album de Fishbach, une artiste à la voix rauque, dont les mélodies fleurent bon les années 80. Impressions en prenant un peu de recul et alors que la dame est en tournée en France.

Indéniablement, cette jeune ardennaise de 25 ans, au nom étrange, Fishbach, vient de marquer les ondes avec la sortie de son premier disque, et ce après un mini-album déjà remarqué par la critique. Native de Charleville-Mézières, au nord des Ardennes,  Flora Fishbach, qui se dit volontiers solitaire, fit ses premières armes dans la musique en intégrant à 17 ansun duo punk-rock . Une belle école pour faire le plein d’énergie. Avec A ta merci (*), cette amoureuse de  techno et de glam-rock est bien loin de ce registre. Commentaires : « Ce projet, je l’ai fait seule avec mon ordinateur. C’est l’expression de mes sentiments personnels, dans une veine plus romantique »

capture-decran-2017-03-03-a-19-47-56Dès la première écoute, on est surpris, voire sous le charme, d’une voix chaude qui n’est pas sans similitude avec celle d’une Rose Laurens, d’une Desireless, deux figures des années 80 où Fishbach semble avoir pris ses références. Il y a aussi d’une Catherine Ringer dans l’évocation de la mort -entre autres -dans Éternité. Ou dans la très courte chanson, Feu.  Non sans humour, elle souligne : “Ma famille, c’est un peu « Six Feet Under ». J’ai un oncle croque-mort. Je n’ai pas peur de la mort. Je suis agnostique donc, pour moi, la mort sera une réponse. »

Quand la voix se fait plus planante et les mélodies d’orgue plus sensuelles, il y a parfois de belles odes à la sensualité numérique dans une chanson comme Un beau langage où elle dit entre les lignes, comme explication destinée aux curieux de ses mots : « C’est un beau langage/ que de ne rien dire du tout/ entre nous. » Elle peut aussi nous conduite dans un univers lyrique et poétique : la preuve avec son Invisible désintégration de l’univers.


Il est vrai, les textes de Fishbach ne jouent pas la transparence et le premier niveau et n’hésite pas à cultiver une certaine opacité dans l’art d’évoquer les difficultés de vivre. Elle dit encore : « Via la musique, je peux évoquer mes pensées sombres, ce qui me tourmente. »

Ayant déjà pas mal roulé sa bosse professionnellement, de petits boulots en petits boulots (y compris comme guide au château de Vincennes !), Fishbach semble être de la race de celles qui sont capables de rebondir partout au gré des aventures. On peut ne pas être toujours sensible à l’univers sonore de la gente demoiselle, dont les boucles rythmiques écrasent parfois  les paroles, mais cette jeune artiste a toutes les qualités pour durer et nous surprendre. A 25 ans seulement, ce n’est pas anecdotique…

Et Fishbach devrait, sans jouer les voyants du jour, marquer durablement la scène de la pop française. Et la chanson-titre de l’album laisse entrevoir bien des registres où Fishbach pourrait demain poser sa griffe.

 

(*)Entreprise/ Sony Music

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