Francis Lalanne : pour Léo…

1540-1Depuis le temps qu’il avait croisé le chemin Ferré, Francis Lalanne se devait de lui rendre hommage. C’est chose faite avec groupe de rock marseillais, Carré blanc, dans A Léo. Il y reprend des classiques en y ajoutant des textes de son choix et une longue interview assez étonnante par sa franchise.

En 1987 aux Francofolies de La Rochelle, Francis Lalanne faisait partie des artistes qui rendirent hommage à Léo pour la « Fête à Ferré », un souvenir fort pour les amoureux de cette manifestation rochelaise. Outre Avec le temps que Francis avait chantée, accompagné par Léo lui-même au piano, il avait oser ajouter un couplet à la chanson qui concluait la soirée, Le Temps des cerises, interprétée par Léo entouré d’autres artistes comme Higelin, Mama Béa Tekielski et la magnifique Catherine Ribeiro. Et ce Sang des cerises figure désormais sur le nouvel album.

Retrouvant le goût de chanter en mettant ses pas dans ceux de Ferré, plus de vingt ans après sa mort, Francis Lalanne a retrouvé Marseille où il passa son adolescence et Paul Fargier, avec lequel il partagea le même professeur de théâtre, Irène Lamberton, et qui est aujourd’hui chanteur et percussionniste du groupe de rock Carré Blanc. Ensemble, ils revisitent des classiques de l’univers de Ferré : C’est extra, Vingt ans, La Mémoire et la Mer… C’est là que Lalanne prend le risque de la comparaison pure et toutes les interprétations ne se valent pas.

Si Jolie môme, chaloupée en diable et originellement mise en ondes, si L’Affiche rouge prend ici des couleurs de révolte et de gravité qui colle au texte original, Francis en fait un peu trop vocalement dans capture-decran-2017-02-19-a-22-31-25Avec le temps, à laquelle un phrasé plus glacé sied mieux. On retiendra, encore, le duo de Léo et Francis sur Pauvre Rutebeuf, qui est un document vraiment émouvant dans la sobriété.

Les amoureux de Lalanne découvriront aussi une chanson-hommage connue, revisitée sur ce disque, A Léo et un nouveau texte, long déclamatoire sur fond de rock, A Léo, la promesse. Au détour des vers, Lalanne y dit son envie de revenir sur le devant de la scène, grâce à ce détour par le patrimoine Ferré. « Et, dans tout ce néant, j’ai compris aujourd’hui/ Que me couper du chant fut me couper les ailes; / Et que c’est en chantant que finira sans bruit, / Mon chemin sur la Terre avant que tu m’appelles… »

L’autre CD du coffret n’est pas le moins intéressant. Dans une longue interview, commencée en 2015 et poursuivie en 2016 dans le Midi, Lalanne y compte avec une franchise étonnante ses démêlés avec le milieu musical, les éditeurs et les maisons de disques. Avec le coup de Trafalgar de la mort accidentelle de Yan-Philippe Blanc, suite à un accident de moto en juillet 2003, l’homme qui lui avait remis le pied à l’étrier.

La faconde de Lalanne peut parfois lasser : il n’empêche, sa manière ici de se mettre à nu a quelque chose de courageux et révèle un vrai désir de dire sans détour ses vérités. En évoquant celui qui reste un maître à ses yeux. Léo de Hurlevent comme le surnommait Maurice Fanon dans une belle chanson.

 

(*) Disque Frémeaux & Associés

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2 réflexions au sujet de « Francis Lalanne : pour Léo… »

  1. Découvert il y a une semaine déjà et, depuis, je ne me lasse pas de l’écouter. Quelle belle rencontre poétique, de l’émotion à couper au couteau et à partager tout simplement, comme du pain d’anarchiste 🙂

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