Léo : un concert de légende

51ofqaixvllTiré à peu d’exemplaires, le nouveau CD, Seul en scène (*), offre une version enrichie d’un concert marquant de Léo Ferré  (après celui de 1969 à Bobino)  : le récital de l’Olympia en novembre 1972.

En ce temps-là, Léo Ferré chantait encore avec son pianiste et vieux complice : Paul Castanier. En novembre 72, le duo se produisait à l’Olympia et un double CD avait déjà immortalisé une partie de ce concert. La nouvelle édition de Léo Ferré 73  : Seul en scène offre une version enrichie de ce spectacle magnifique et où sont réunis parmi les plus grands titres de l’ermite toscan. A l’époque, deux soirées avaient été captées dans la salle du boulevard des Capucines, les 11 et 12 novembre 1972.

Par rapport au double album sorti en 1973, l’édition 2016 offre plusieurs innovations, notamment la chronologie originale du tour de chant. Ensuite, l’effet de réverbération rajouté en studio a été réduit sur la voix de Ferré pour conserver la prise de son du concert. Enfin, il y a dix titres de plus. Et quelles versions !

L’ouverture, c’est désormais Le Chien, chanson-cri dans laquelle les improvisations jazziques de Popaul font merveille. Et juste après on redécouvre une version tonique de Les Copains d’la neuille. Autre version inédite à souligner, celle de Rotterdam où la voix puissante de Léo 117802614-2est parfaite et restitue la pêche de la version originale.

Sur la face B, il y a encore l’hymne à la malédiction de La Damnation, marquée de quelques saillies verbales de Ferré et de son « Soyez damnés ! C’est tout ce qu’il nous reste. » Et il faudrait encore évoquer cette Solitude, dite d’une manière magistrale ou ce Ni Dieu ni maître que pas un des aficionados de Ferré ne peut oublier.

 

In fine, on a donc droit à un concert mémorable de Ferré en ce début des années 70 où il est découvert par toute une jeune génération dont je fis partie et qui fut marquée par les révoltes d’un homme qui avait l’âge d’être leur père, voire leur grand-père. Son écriture est au sommet. Il a signé quelques longs textes qui marqueront durablement les ondes, comme Les Etrangers et Il n’y a plus rien.

Et puis, il y a ce public fervent qui entoure Léo et son pianiste sur scène et qui est capable de souffler un vers oublié et vibre à certains débuts de chanson. Bref, le complément idéal du Sur la scène, sorti en 2001 et qui est l’enregistrement capté à Montreux en février 1973 (Ed. La Mémoire et la Mer).

Ces concerts seront la dernière apparition publique de Léo et de Popaul et, avec le temps, on mesure combien cette amitié a conduit à des récitals absolument magiques.

(*) Disque Barclay

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