Le tour tranquille de Francis Cabrel

fc-inextour-12x12-rvbIl a l’élégance gasconne et la discrétion des timides. Avec L’ In extremis Tour, Francis Cabrel propose au public son quatorzième album, captation artisanale et soignée de son spectacle en deux CD racés, un DVD et un making of qui restituent joliment  l’atmosphère tranquille de sa dernière tournée.

Francis Cabrel n’a jamais joué les rockers de choc, mais les artisans d’une pop-folk made in France, marquée de bien des influences anglo-américaines, Dylan en tête de liste bien sûr auquel il ne manque jamais de rendre hommage.

L’homme sait ciseler des histoires raffinées et qui prennent les chemins de traverse pour le dire. Engagé mais pas enragé, Cabrel était de retour en scène au printemps 2015 pour une centaine de dates, suite à la publication de son nouvel album In Extremis. Son spectacle donné au Forest National de Bruxelles (passage obligé pour tout croque notes qui se respecte) n’était pas révolutionnaire mais d’un grand raffinement et on le mesure pleinement en découvrant le DVD du spectacle où Cabrel et ses musiciens officient dans un décor sobre, et un espace structuré par les belles lumières des « Allumeurs d’images », comme les surnomme l’artiste dans la très belle pochette du disque, riche de bien des photos du récital comme de ses coulisses.


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Les voix nouvelles de la tradition

  tetes-de-chien-la-marelleLa Marelle (*) voit le retour des cinq Têtes de chien, un groupe qui revisite avec bonheur les chants populaires du légendaire chrétien.

Ils sont cinq sous la houlette de Julien Bonnet, le baryton et directeur artistique. Cinq artistes qui redonnent ses lettres de noblesse au chant a capella. Cette fois, les Têtes de chien s’attaquent à un répertoire  oublié : celui des chants populaires qui, du Nivernais au Limousin, en passant par la Bretagne, s’inspirent du légendaire chrétien. Un parcours dans l’univers sacré qui n’a rien d’empesé car ces cinq artistes savent marier leur voix de manière originale et festive. Et nous embarquer dans un univers sonore peu banal. Dans ces chansons, il est question aussi bien d’un Jésus-Christ habillé en mendiant, d’une nourrice désespérée par la  mort de son enfant ou encore de deux animaux qui soufflent sur un nouveau né pour le réchauffer.

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David Crosby, loin des tempêtes

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Belle pochette de phare en pleine tempête, Lighhouse (*) marque le retour d’un David Crosby qui n’a pas encore brûlé ses ailes après un parcours plus que mouvementé.

Poésie douce sur fond de folk essentiel, David Crosby est de retour avec Lighthouse, un disque pour montrer que, tel le Phoenix, il peut renaître de ses cendres, tant l’artiste a brûlé la vie par les deux 1bouts et même fait neuf mois de prison en 1986 au Texas (pour possession de drogues et d’armes). De ces rudes mois, il raconte dans Rolling Stone : « La prison est très efficace pour se retrouver Quand j’y suis entré, j’étais au junkie accro au freebase – on ne peut pas descendre plus bas dans l’échelle de la drogue. Et j’étais psychotique. Mais, ce qui se passe, c’est qu’on n’a plus le choix : on est là et on ne peut pas se procurer de la drogue. Finalement, on se réveille de ce cauchemar dans lequel on s’était fourré soi-même et on se souvient de qui on est. » Mais, c‘est de l’histoire presque ancienne et revoilà David Crosby aux manettes de son nouvel album.

Malgré bien des tempêtes, la voix de l’artiste sonne toujours aussi cristalline dans ce cinquième album en solo, porté par des mélodies qui oscillent entre jazz et rock de The Us Below à la belle By The Light Of Common Day, avec la belle voix de Becca Stevens, en passant par The City. Avec Things We Do For Love, il dédie au passage une ballade amoureuse à sa femme Jan.  Et, in fine, il signe une sorte de conte cinématographique poétique dans Paint You A Picture, co-écrit avec Marc Cohn.


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So long Leonard

Quelques semaines après la sortie de son ultime album, You Want It Darker (*), un bijou désormais testamentaire, Leonard Cohen n’est plus. Quelques jours après sa disparition à l’âge de 82 ans à Los Angeles, il a rejoint, sans tapage médiatique,  sa terre leonard_cohen_2120natale et le caveau familial de Montréal. Une grande voix poétique ne résonnera plus.

En janvier dernier, c’est David Bowie qui avait tiré sa révérence après la sortie d’un disque puissant, Black Star. Leonard Cohen aura fait de même, quelques jours après la sortie de son ultime enregistrement, You Want It Darker, un album aussi crépusculaire qu’inspiré. Le genre de disque que l’on achète dès sa sortie et qu’on écoute en boucle pour découvrir, derrière une vraie ascèse musicale, des chansons d’une grande profondeur. Un disque de neuf chansons dont on ne pouvait s’empêcher de penser qu’il était emblématique de l’œuvre d’un artiste qui aurait mérité, comme Bob Dylan, le prix Nobel de littérature. Car, il est vrai, à ses débuts, Cohen avait d’abord commencé comme poète, un métier peu rémunérateur et la mise en musique de titres comme So Long, Marianne, Suzanne, Like A Bird… Suzanne avait ainsi été publiée dans un recueil de poèmes en 1966, Parasites of Heaven, avant qu’il en fasse une chanson un an plus tard. Et un tube planétaire.

Mais revenons aujourd’hui à cet ultime disque, à l’heure où tous les médias ont déjà longuement signé la nécrologie d’un artiste à la classe folle et qui est revenu sur le devant de la scène après avoir été ruiné par une manageuse malhonnête. Et fait une tournée mondiale remarquée. Oubliant parfois, au détour des hommages larmoyants de circonstance,  qu’à la sortie de son troisième album, Songs Of Love and Hate, en 1971, on avait identifié Cohen comme le « roi des chanteurs déprimants » et un artiste pas vraiment bankable.

Si Leonard Cohen a longtemps marié la sensualité au mysticisme, son tube repris par Jeff Buckley, Hallelujah est une ode à la vie et à l’amour et une espèce d’hymne  à l’orgasme, ce nouvel album sonne comme une série de longues prières avec la mort comme trame et des morceaux sublimes comme la chanson-titre. Il y évoque des  souvenirs d’enfance dans sa ville natale, imprégné des chœurs de la congrégation juive Shaar Hashomayim. La résonance de la guitare acoustique, soutenue d’une contrebasse, donne  une résonance particulière à la quête spirituelle d’un Cohen en paix face à la vie et qui regarde la vieillesse et la fin prochaine avec une vraie sérénité. « Hineni, hineni (me voici en hébreu) / je suis prêt mon Dieu« , chante cet artiste à la classe folle et à la voix plus profonde que jamais.

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Léo : un concert de légende

51ofqaixvllTiré à peu d’exemplaires, le nouveau CD, Seul en scène (*), offre une version enrichie d’un concert marquant de Léo Ferré  (après celui de 1969 à Bobino)  : le récital de l’Olympia en novembre 1972.

En ce temps-là, Léo Ferré chantait encore avec son pianiste et vieux complice : Paul Castanier. En novembre 72, le duo se produisait à l’Olympia et un double CD avait déjà immortalisé une partie de ce concert. La nouvelle édition de Léo Ferré 73  : Seul en scène offre une version enrichie de ce spectacle magnifique et où sont réunis parmi les plus grands titres de l’ermite toscan. A l’époque, deux soirées avaient été captées dans la salle du boulevard des Capucines, les 11 et 12 novembre 1972.

Par rapport au double album sorti en 1973, l’édition 2016 offre plusieurs innovations, notamment la chronologie originale du tour de chant. Ensuite, l’effet de réverbération rajouté en studio a été réduit sur la voix de Ferré pour conserver la prise de son du concert. Enfin, il y a dix titres de plus. Et quelles versions !

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La fougue d’une fille du soleil

1540-1Cinquième album de Barbara Luna, Hijos del sol (*), porte la griffe d’une artiste bourrée d’énergie et qui puise son inspiration dans bien des registres.

Il ne faut pas se fier aux pochettes d’album : la preuve avec le nouveau disque de Barbara Luna. De fait, l’image ensoleillée est un peu ringarde et l’artiste affiche un sourire de circonstances. Mais, quand on plonge dans l’écoute de l’album, on change vite d’avis…

Il est vrai, Barbara Luna n’est pas née de la dernière scène. Et, cette fois, elle a enregistré ce disque entre l’Argentine, son pays natal, Paris et la Bretagne. Elle note simplement : “Je suis Argentine parce que je suis née en Argentine, mais je me sens du monde. Ça ne s’explique pas, cela se vit”. Car, née en Argentine à Roque Pérez,  elle est installée à Ploemeur et signe ici un album fait de rencontres musicales au long cours.

De chanson en chanson, on découvre une jeune femme dotée d’un beau tempérament et dont la voix passe, en quelques mesures, d’une énergie folle à une douceur plus sensuelle. Il est vrai, Barbara Luna a déjà fait un sacré tour des scènes où elle a peaufiné son chant, après avoir été découverte en 1998 en France au Printemps de Bourges : elle s’est même produite dans le festival itinérant de World Music « Womad », créé par un certain Peter Gabriel. Lire la suite « La fougue d’une fille du soleil »

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