Le monde féérique de Tri Yann

En concert les 4 et 5 octobre à l’Alhambra, à Paris, Tri Yann fête 45 ans de cd-tri-yann-la-belle-enchantee 4941324_6_00ba_2016-06-07-7dbfc7c-18821-5vx86g_34a8f398920f309ae8de2e0e8348e2a4carrière avec un disque, La Belle enchantée. Un disque où ce groupe toujours tonique revisite les contes et légends de Bretagne et des pays celtes.

Tri Yann serait-il dangereux ? En tout cas, certaines plateformes sont pudibondes qui ont contraint le groupe celte célèbre de modifier la pochette initiale de leur nouvel album, La Belle enchantée où figurait une belle œuvre du peintre et sculpteur George Lacombe, L’Amour, la Mort. On y voyait un homme et une femme enlacée et les belles fesses de la dame ne pouvaient être ignorés… Désormais, la belle endormie porte un costume de bain très sage. Membre fondateur du groupe, Jean Chocun a simplement commenté : «  On a d’abord cru à une plaisanterie mais, en insistant, on a compris que c’était sérieux. On s’est alors posé la question de changer ou non la pochetteOn ne peut pas cracher sur la nécessité aujourd’hui de passer par ces plateformes ».

 

Ce disque mérite mieux qu’une pitoyable polémique et Tri Yann montre une inspiration intacte avec ce périple musicale dans les contes et légendes celtiques. Les voix sont aussi entraînantes que les musiques inspirées et Tri Yann ne semble pas souffrir des atteintes du temps avec ces récits où le groupe adapte aussi bien un beau conte inuit pour la chanson-titre que revisite un air traditionnel dans La Gavotte des rêves à l’atmosphère décalée et surréaliste avec des vers comme « Un hippopotame dans son bocal, aussi petit qu’une taupe/ Une girafe blanche et noire chantant le Bro Gozh. »

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Pour nous inviter à ce nouveau voyage, Tri Yann explique sur son site que cet album est  » un mélange de « Bretagne, Celtie, fonds traditionnel européen, mondes anciens et tendances musicales contemporaines. Toutes les portes qui y conduisent nous intéressent, en français ancien et actuel, en breton voire en anglais ». Et le groupe signe encore un arrangement étonnant d’un conte cruel d’Alphonse Allais avec La Bayadère et le Roi.

Un disque qui donne envie de revoir le groupe sur scène, tant Tri Yann sait emporter le public dans des variations musicales toniques en diable et des histoires qui fleurent bon les récits auprès d’un feu de bois à la veillée. Un groupe qui a su évoluer sans se trahir.

(*) Disque Marzelle / Coop Breizh

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