Liane Foly : son retour de swing

8916053-14132592Il faut reconnaître une qualité à Liane Foly : une  capacité à repartir à zéro. Après huit ans d’absence discographique – son album Le Goût du désir remontait à 2008 – elle s’est attaquée à un projet qui lui tenait à cœur : des reprises de tubes en version jazz. Le résultat de Crooneuse (*)  est inégal.

Il faut bien le dire : la vague des reprises font peur tant elles symbolisent une incapacité à faire du neuf, à dénocher  les Brel,  Brassens, Higelin du 21ème siècle. Manque d’imagination ? Peur d’innover ?  Désir de rentabiliser un vieux fond de commerce qui a fait ses preuves ?

554855550_1280x720En tout cas, le Crooneuse, nouveau disque  de Liane Foly peut susciter une indifférence polie, d’autant plus que l’artiste avait pris le parti – le public n’étant plus vraiment au rendez-vous au demeurant – de se lancer dans les imitations avec un talent certain. Sans jamais faire l’impasse sur les Restos du cœur et en faisant quelques apparitions, fort honorables, de comédiennes. « Après huit ans d’une grande parenthèse d’imitation en one woman show, il était temps pour moi de revenir à la musique » dit-elle simplement dit pour commenter ce retour.


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Pour ce disque,  la chanteuse d’origine lyonnaise revisite, en version pop-jazz, des classiques de la chanson avec la  collaboration du musicien et directeur musical Franck Eulry. De Voilà c’est fini, de Jean-Louis Aubert, à Jardin d’hiver, d’Henri Salvador, en passant par Fais-moi une place, de Julien Clerc ou encore Le Cimetière des éléphants, d’Eddy Mitchell, Liane se fait plaisir en jouant sur des reprises au long cours. Le résultat est honnête, accompagné d’un solide travail de marketing, plusieurs clips étant déjà mis en boite pour illustrer ses reprises.  Au final, pourtant, on reste un peu sur sa faim.

Si la voix de Liane se glisse sans souci dans l’univers de Michel Jonasz et de sa Boîte de jazz, le résultat est nettement moins heureux avec un C’est extra, tube de Ferré à l’origine d’une sensualité à fleur de string et qui devient ici une mélopée molle pour chanteuse mollement alanguie sur un divan. Idem pour Toute la musique que j’aime, où elle a du mal à faire oublier le Johnny des familles.  Quant à J’écoute de la musique saoule, il manque vraiment le souffle court d’une Françoise Hardy pour préserver le charme du texte.  L’entreprise est sympathique, proprement enregistrée mais manque d’un brin de souffle. Et d’originalité. Pour s’en convaincre, il faut réécouter par exemple ce que les Rita Mitsouko, Bernard Lavilliers ou encore Noir Désir ont fait des chansons d’un Ferré. Bref, on aurait aimé que Liane Foly prenne un peu plus de risques…

Ceux qui aiment un brin de swing de bouderont pas pour autant leur plaisir. Alors, ils n’ont plus qu’à attendre le passage de Liane Foly  qui donne déjà son Crooneuse Tour  dans toute la France.

(*) Disque Sony Music

 

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