La poétique révolte d’Angélique Ionatos

3437545930Guitariste et chanteuse grecques brillante, Angelique Ionatos  a publié un album où son amour de la poésie le dispute à un sens magnifique des mélodies. Reste la lumière est un disque fort et utile en ces temps de doute.

La voix est là. Forte, profonde, capable de bien des modulations. L’émotion est intacte, à fleur de peau. Et à fleur de mots aussi, ceux des poètes qu’une fois encore, Angelique Ionatos sert de la plus belle manière. Et en ces temps difficiles, pour la Grèce notamment, ces poèmes ont une résonance particulière qu’il soit signé de Kostis Palamas, d’Odysseas Elytis, vieux compagnon de chanson de l’artiste, ou encore de Dyonissis Kapsalis qui, avec Perséphone, signe une histoire toute symbolique dans le contexte actuel.  Il y est notamment écrit : « Telle Perséphone, elle erre/ dans le bas monde et paie/ la rançon et les créditeurs. » Et Angélique Ionatos de souligner : « Le mythe de Perséphone est une métaphore pour la situation en Grèce aujourd’hui qui me touche beaucoup : sa maison est petite mais c’est une fille de joie, elle paye la rançon et cherche des acheteurs. Le tragique, contrairement au triste comporte l’espoir, l’humour, l’autodérision aussi. »

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Parce que la Grèce traverse une vraie dépression, ce vingtième album d’Angélique Ionatos et cette évocation du retour à la lumière passe par des mélodies très éloignées de l’univers d’un Theodorakis avec bouzouki et rebetiko de rigueur. Chez Angélique Ionatos, les musiques ont une espèce d’intemporalité, puisant aussi bien leur énergie du côté des Balkans que de l’Orient, sans oublier des références européennes.Et un poème de Kostis Palamas, Anatolie,  livre une clé possible à cet univers : « Chansons de Smyrne, d’Istanbul, chansons de l’Orient/ lentes, traînantes et tristes. Mon âme vous suit pas à pas/ Elle est inondée par votre musique et s’envole avec vous.« 

Pour expliquer ces huit ans de silence discographique, l’artiste dit seulement : « Je n’étais pas prête. Je pars des textes, si un poème m’émeut, je compose. » A écouter cet opus tout à fait brillant, on se dit qu’elle a eu raison de prendre son temps pour offrir un projet aussi abouti.

(*) Disque Ici d’ailleurs

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