Hommage à un révolté : Leny Escudero

Leny-Escudero-69068-E800Il fut terrassier, carreleur et… vedette de la chanson. Leny Escudero est mort d’une insuffisance respiratoire à 82 ans. La scène perd une belle graine d’ananar et de rebelle.

Il était né à Espinal, dans la province espagnole de Navarre le 5 novembre 1932. Sept ans plus tard, il avait suivi ses parents dans l’exil, comme tant de républicains espagnols fuyant la dictature de Franco. Après avoir finalement gagné Paris et fait différents boulots, Leny Escudero trouvera le succès par la chanson en 1962 avec son tube, Pour une amourette. En avril 2013, il a avait publié au Cherche Midi,  le premier tome de ses Mémoires, Ma vie n’a pas commencé où il revenait sur un parcours atypique.

Car Leny Escudero – même s’il a toujours revendiqué ce tube comme sa Ballade à Sylvie, « ses deux chansons m’ont fait connaître, m’avait-il dit un jour. Comment pourrais-je en être lassé ? » – n’était pas du genre à s’endormir sur ses succès et mettre un mouchoir sur des convictions politiques chevillées au corps et au cœur. Il fallait le voir sur scène quand il se lançait dans Je t’attends à Charonne ou La Grande Farce pour mesurer combien Escudero était tout , sauf un résigné. Et que, jusqu’au bout, il a chanté ses colères, ses coups de gueule comme la très belle Sacco et les autres. Dans ses dernières apparitions scéniques, deux de ses petits enfants (il en aavait huit en tout), Kévin à la basse et Marvin à la guitare l’accompagnaient et l’on sentait qu’entre eux et leur grand-père, c’était une vraie histoire d’amour et une même passion pour la scène vivante.

Ponctuellement, il promenait sa dégaine de gitan ombrageux dans des téléfilms et autres films (La Femme flic, d’Yves Boisset) et l’on sentait que l’homme aurait pu aussi faire un joli parcours de comédien s’il avait construit un plan de carrière.

Leny Escudero n’a jamais oublié l’humiliation de l’exil. Dans une récente interview au journal Paris Normandie, il évoquait ainsi les réfugiés actuels en disant :  » J’ai été l’un d’eux. Il y a des années, j’ai écrit un texte, « Le siècle des réfugiés » : « Ils sont toujours les bras ballants. D’un pied sur l’autre mal à l’aise. Le cul posé entre deux chaises. Tout étonné d’être vivant »…

La vieillesse n’avait pas mis un terme à la fougue de cet artiste rugueux et qui ne chantait pas pour faire du vent. Ce qui ne poussait pas les médias à lui donner la place qu’il méritait.  A la génération nouvelle de prendre la relève avec autant de talent.

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