David Lafore, l’impudique

jai_lamour_600px-300x300J’ai l’amour est le nouvel album d’un artiste étrange : David Lafore. Un disque dans lequel, en bon artisan moderne, il a tout fait. Déroutant à la première écoute mais pas inintéressant.

Se montrer de dos sur la pochette d’un nouvel album (*), surtout quand on n’a rien produit depuis huit ans, ce n’est pas banal. Mais David Lafore n’est pas un artiste banal et ce disque est à l’image de cette pochette : coloré et festif comme dans un tableau naïf.  Un opus éminement personnel : David Lafore  est derrière toutes les manettes ou presque, allant même jusqu’à  s’impliquer de près dans les clips de deux de ses nouvelles chansons : Choses, qui ouvre l’album, et Minou.

Homme de scène, David Lafore cultive en chansons l’art du décalé et de l’ironie comme le prouve un titre sur les folies meurtrières (le réussi Un assassinat), un autre sur la perte d’un chat, un troisième où il s’imagine…  en petite culotte. Cela dit, l’homme peut aussi baisser sa garde et perdre son humour quand il évoque la rupture amoureuse dans Danse avec moi.

Il y a un brin de Philippe Katerine dans cette manière de jouer avec les mots, l’air de ne pas y toucher. Il peut même se livrer à une satire des supermarchés et de la société de consommation dans Dodu. Avec l’étrange ouverture : « Je n’aime pas trop voir mourir les gens/ quand je vais faire les courses (…)/ mais y’a de la musique danse. » David Lafore souligne : « C’est un truc que je ne pensais pas que je ferai un jour. Je ne mettais jamais de noms de villes, de personnes ou de maques, je ne voulais pas. Mais j’ai eu envie de changer d’écriture, je me rends compte que ce n’est pas si flagrant que ça. »


lafore_-2D’autre part, les mélodies choisies collent à l’esprit des mots de ce disque impudique sans pour autant être vulgaire. A l’air guilleret de J’ai l’amour, répond la mélodie énervée de Minou qui offre un rythme de danse sur des mots pas vraiment guillerets. Et si la musique se fait mélancolique pour évoquer la fin d’une histoire d’amour (Danse avec moi), les reprises électroniques claquent sur l’évocation de cette Petite culotte, de coton of course.

C’est loufoque, absurde : ce sont des chansons d’un éternel adolescent qui a pris beaucoup de vitamines. Et qui exprime avec humour un univers pas si drôle que ça, à l’image de la vie moderne. David Lafore a déjà pris le chemin d’une petite tournée française : celui qui a signé la BO du film Bancs publics (Versailles Rive-Droite), de Bruno Podalydès – on sent parfois des voies convergentes dans leur regard posé, en chanson ou sur grand écran, sur l’absurdité du monde- , sera à la Maroquinerie à Paris le 14 octobre prochain.

(*) Disque La Triperie/ Musicast

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