Neil Young toujours d’attaque

neil-young-the-monsanto-yearsAvec The Monsanto Years, Neil Young signe un nouvel album militant où, à près de 70 berges – il les aura en novembre – , ce militant écologique part en guerre contre Monsanto et les OGM.

Dans ce nouvel album(*), Neil Young dégaine sec et ne prend pas de gants pour s’attaquer à l’entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles. Dans la chanson titre, il dit tout de go :  » Quand ces graines germent, elles sont prêtes pour les pesticides/Et le Roundup vient et apporte la vague de poison de Monsanto » Un disque où le parrain du grunge signe une offensive en règle contre l’entreprise américaine, célèbre pour ses cultures génétiquement modifiées et son herbicide distribué dans le monde entier.

En neuf chansons, Neil Young dénonce les pratiques du groupe installé dans le Missouri (à Saint-Louis) pour forcer la main des agriculteurs en imposant des produits dont la dangerosité de certains est souvent évoquées. Généreux dans ses colères, Neil Youg n’oublie pas certaines marques comme Starbucks, Chevron ou encore Walmart. Et quand il se paye Starbucks dans, A Rock Star Bucks A Coffee Shop, c’est pour lancer une nouvelle fois :  » « Je veux une tasse de café mais je ne veux pas d’OGM/J’aime démarrer ma journée sans aider Monsanto »

Du côté de Monsanto, on a préféré ne pas envenimer la situation et, dans un courriel, une porte-parole a notamment écrit  : « Beaucoup d’entre nous, chez Monsanto, ont été et sont fans de Neil Young. Pour certains d’entre nous, malheureusement, son nouvel album ne reflète pas notre engagement fort au quotidien pour contribuer à une agriculture plus durable ». Pas de quoi faire bouger le Canadien d’un iota…


Musicalement, Neil Young  a choisi pour ce retour  un nouveau groupe de musiciens californiens, Promise of the Real, qui assure et permet au rocker de retrouver ses meilleurs accents électriques et son sens de la ballade avec Wolf Moon avec son introduction fameuse à l’harmonica. Pour l’anecdote, dans Promise of The Real figurent Lukas et Micah Nelson, deux fils du chanteur de country américain Willie Nelson. Avec eux, l’artiste retrouve le chemin de compositions enflammées et passionnées.

1200Certains pourront ironiser facilement sur les coups de gueule d’un vieux barde engagé. Mais les colères de l’artiste ne date pas d’hier et il n’ jamais caché  ses convictions écologiques et politiques  dans ses chansons. En 1970,  dans Ohio », il critiquait déjà le président Nixon après la mort d’étudiants tués pendant une manifestation pacifique contre la guerre du Vietnam.

Une chose est sûre : à l’âge où certaines figures du rock se la jouent pépère, Neil Young reste rebelle. Et clame dans les couplets ironiques de People Want To Heard About Love : « Ne dis pas que les pesticides/ Font naître des enfants autistes/ Les gens veulent entendre des chansons d’amour… » L’engagement du Canadien est d’autant plus courageux à un moment où le sponsoring est capital pour bien des artistes. Et,  il se permet même dans If I Don’t Know de signer une courageuse interrogation sur la pertinence de sa contestation.

Comme quoi, même si certains ont tendance à l’oublier, des paroles engagées et un rock solide peuvent faire bon ménage quand un artiste puise une belle énergie créatrice dans sa colère face au monde comme il va…

(*) Disque Warner Music

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