Léo : sens interdits

leo-ferre-les-chansons-interdites-Même quand on croit tout connaître d’un artiste, on découvre parfois quelques perles discographiques. La preuve avec ces Chansons interdites de Léo Ferré (*).  Si la plupart des titres sont connus, cet album a une histoire très originale.

1960 est un tournant dans la carrière de Ferré. Il vient de quitter la firme Odéon pour débarquer chez Barclay qui lui offre des conditions de travail solide, des orchestrations plus étoffées et une bonne prise de son. Cette même année, Léo enregistre un disque 25 cm de huit titres qui seront aussi distribués sur deux 45 tours et où l’on trouve notamment quelques perles : Paname,  Comme à Ostende, sur un texte de l’ami Caussimon. Un an plus tard, Ferré poursuit avec un nouveau 25 cm qui est aussitôt détruit. Il en reste un 45 tours, Les Chansons interdites de Léo Ferré. Mais, à cette époque, le Canada réserve un accueil plus que chaleureux au poète anarchiste.

Or, les couplages des pressions canadiennes sont différentes de celles faites en France. Et comme le format 25 cm est inconnu là-bas, ces Chansons interdites y sortent sous la forme d’un 30 centimètres. Y figurent les quatre chansons du 45 tours et six chansons du 25 cm de 1960. Voilà l’album que l’on retrouve aujourd’hui dans une version CD et avec l’image de la pochette originale. Et surtout, les puristes pourront découvrir les versions originales, enregistrées en mono, de trois titres : Paname, Jolie Môme, Comme à Ostende.  La voix de Ferré y est d’une grande pureté, sans fioritures et son interprétation y gagne en intensité. Y figure aussi la version originale de Vingt ans, datant de 1961, et jamais gravée en CD.


Et puis, cerise sur le gâteau, il y a quelques documents historiques et la reproduction de trois Sonorama de 1961 et 1962, ces disques souples d’actualité où, outre les présentations – très datées – d’un speaker, on découvre des extraits de chansons et de courts interviews de l’artiste qui parle de la vie d’artiste, de la mort (déjà) ou de la création de certains titres. Ainsi, il revient sur Merde à Vauban, que lui proposa Pierre Seghers, et que Francis Blanche, vieil ami de Ferré et, lui-aussi, monégasque, avait présenté à la radio en ses termes : « Nous avez repéré qu’il y a un gros mot dans la chanson. C’est Vauban. »

Tout aficionado de Léo Ferré sait ce qu’il lui reste à faire. Il écoutera aussi  Ferré expliquant pourquoi il a quitté son piano et abandonné les lunettes dans ses tours de chant. Un changement qui a été fort commenté à l’époque. Comme quoi, le goût du futile est une mode ancienne…

(*) Disque Les Copains d’la Neuille/ Akoufène

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