Un passeur d’utopie nommé HK

15ya_image001_25Nouvel opus de HK & les Saltimbanks, Rallumeurs d’étoiles est le troisième album solo de Kaddour Haddadi. Sur des musiques chaloupées, ces textes sont joyeux sans être naïfs  et aussi  bourrés d’espoir.

S’il est un artiste prolifique, c’est bien Kaddour Haddadi et Rallumeurs d’étoiles (*)  en apporte une preuve de plus. Originaire de Roubaix, ce chanteur-rappeur de 35 ans a enflammé bien des manifestations avec son On lâche rien, repris et encore plus popularisé dans la bande originale de La Vie d’Adèle. Avec ces paroles en forme d’hymne à prendre son destin en main : « Notre idéal, bien plus qu’un rêve/ Un autre monde, on a pas l’choix/ photobioOn lâche rien, on lâche rien. » Un artiste qui se décrit ainsi dans une biographie express : « Mon grand-père était un poilu de la Première Guerre mondiale. Mon père et ma mère des immigrés algériens ayant fait le grand voyage : des montagnes de Kabylie jusqu’aux pavés roubaisiens. Et moi… je suis un saltimbanque.  »

Ce nouvel album sono tient toutes ses promesses avec des mélodies qui puisent dans la sono mondiale pour accompagner des textes, certes non dénués d’engagement, mais qui ne brident par l’émotion et ne manque pas d’humour, avec le court-métrage musical de Mister June par exemple sans oublier le réjouissant Merci.

L’homme aime la liberté de vivre et de créer et le prouve dans ces portraits de personnages qui ne baissent pas la garde et donnent envie de croquer la vie à pleines dents. Dès l’ouverture du disque, avec Sur la même longueur d’ondes, le ton est donné, sur fond de musique arabo-andalouse, mariée à du reggae. « Je veux sentir nos âme sur la même longueur d’ondes/ Positives et rebelles, nomades et vagabondes. » La tête dans le ciel, l’artiste rêve d’un monde plus juste en suivant les étoiles fécondes, celles qui symbolisent la force d’utopie et du rêve.

Kaddour Hadadi ne baisse pas la garde face aux aléas de la vie et son Rallumeurs d’étoiles le prouve avec, pour le refrain,  ce chœur d’enfants du groupe Dounia et le chanteur malien Aboubacar Kouyaté, sur un texte qui célèbre tous ceux qui, au quotidien, par un geste, un engagement, des mots continuent de générer un espoir de vivre.

Son combat personnel, Kaddour Hadadi en fait la synthèse, en anglais, dans A nous d’jouer, en forme de résumé d’un parcours fait de vingt ans d’écriture, de musique et de convictions. Bourré d’espoir mais sans illusions sur le monde tel qu’il va, notamment dans la région dont il est originaire,  l’artiste avoue dans un beau portrait publié dans Libération : « Avec la droite, on s’est fait taper dessus. Avec la gauche, on s’est fait avoir. La seule des MG_C@ctus_9574ambitions, c’est l’égalité, pas une mise sous tutelle ou une simple compensation. Ils ont laissé prospérer le chaos social. » Et si le monde peut blesser, l’amour est là pour apporter un peu de rêve aussi et des chansons comme Si un jour je tombe sont là pour en témoigner.

Musicalement, ce nouvel opus est une belle surprise tant Kaddour Hadadi a su bien s’entourer d’une belle brochette de musiciens, que l’on sent taillés pour multiplier les concerts et les rencontres avec le public : de Meddhy Ziouche , à la mandole,  à Seb-Big Cat, solide à la batterie, en passant par Eric Janson, à la basse. De scène, il en est toujours question quand groupe revient dans l’actualité. Après un concert à Paris au Trianon, le 30 avril dernier, l’équipe est en tournée dans toute la France. A ne pas manquer pour ceux qui aiment la musique, les voyages et les utopies qui redonnent envie de vivre. Les « rappeurs de quartier » vieillissent comme le bon vin…

(*) Pias / Blue Line Productions

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