François Staal force le respect

François-Staal-L’irrespectL’Irrespect est le titre d’un nouvel album (*) à la solide inspiration signé François Staal. On y sent des influences bien sûr mais aussi un sacré coup de griffe. Coup de projecteur.

Dès le premier riff de guitare, l’oreille est accrochée. Il se dégage de Farouche odieuse soirée, premier titre du disque,  une énergie brute, portée par le phrasé et le timbre de voix de François Staal, qui rappelle par moment celle d’un Thiefaine ou d’un Bashung.En douze chansons, l’artiste ne va pas baisser sa garde et maintient intacte cette énergie même quand la mélodie se fait mélancolique avec Je retiens ton écho.

Flashback. François Staal n’est pas né de la dernière émission de télé-réalité : il a grandi à l’ancienne de disque en scène. Né à Rouen en 1961, il a abordé en autodidacte,  après des études au lycée Henri IV, la musique. Depuis, il a joué sur tous les registres : des bandes originales pour le cinéma et la télévision à la chanson. François Staal figure ainsi au générique de films de Laurent Dussaux(Le Cœur à l’ouvrage), et  de  Joël Santoni (Nil sur Seine). Entre autres. Et la liste est plus longue pour les téléfilms. En 2014, il ainsi signé la musique originale de Les Fusillés, téléfilm de Philippe Triboit, remarqué par le prix du public au Festival de Luchon.


Ce septième album ne doit rien au hasard et est porté par toutes les expériences de l’artiste qui s’est défini un jour comme « un capteur d’émotions ». Des émotions qu’il sait partager de belle façon. Notamment une mélancolie de vivre qui apparaît dans Je m’étais crashé, nourri sans nul doute de bien des expériences vécues et transfigurées en musique : « J’avais laissé ma vie en Berne, /comme un lion dans sa caverne. / J’étais parti en Suisse. »

Chez François Staal, contrairement à l’image sensuelle de la pochette, l’amour n’est pas un fleuve très tranquille comme le suggère le texte Décadent où il lance : « Il faudrait qu’on me capte/ Je suis OLYMPUS DIGITAL CAMERAerrant/que tu t’occupes de mon cas/ Il faudra que tu me réadaptes/ Autrement. »  Tout est suggéré sans ambages dans Mon Elvire où il pose des questions plutôt qu’il n’y répond pour évoquer les  rapports compliqués homme-femme.  Pas étonnant alors de le voir poser sa voix sur le Gainsbourg de L’Anamour ou mettre en musique deux beaux poèmes d’un certain Charles Baudelaire – notamment Une atmosphère obscure– , déjà largement célébré naguère par un certain Léo Ferré, lui-aussi poète d’une certaine mélancolie de vivre et de la noirceur des sentiments à l’heure du spleen.

Entre rock et blues, François Staal est une personnalité forte de la scène française. Avec un album solide qui joue avec grâce le double registre du son et du sens.

(*) Cristal Production

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