Avisha Cohen en trio majeur

wpcr000016219_LLRetour gagnant du grand contrebassiste de jazz avec From Darkness. Avishai Cohen y prouve la puissance de son inspiration.

Né dans une petite ville près de Jérusalem en avril 1970, Avishai Cohen a fait ses armes à New-York en jouant avec plusieurs musiciens. Il est  remarqué par Chick Corea qui le fera travailler dans deux  de ses groupes. Après avoir signé un premier album,Adama, en 1998,  il a opté pour la formule du trio, à laquelle il revient aujourd’hui avec From Darkness (*) et qui colle parfaitement à son style en permettant d’exprimer toute la puissance de son jeu et sa virtuosité à la contrebasse.

Pour être encore plus maître de ses choix artistiques, Avishai Cohen a même créé son propre label, Razdaz qui produit ses albums et ceux des musiciens qui le suivent. maxresdefaultUn trio majeur dans sa conception musicale et dont il dit :  Le fait que ma discographie, jusqu’à présent, n’ait compté qu’un seul album en trio [« Gently Disturbed »,  enregistré en 2008 avec Shai Maestro et Mark Guiliana] reflète mal le fait que ma musique a toujours été écrite pour – et exécutée par – ce type de formation. A mes yeux, le Trio ne s’est d’ailleurs jamais arrêté : depuis des années, il n’a pas cessé de tourner, et il reste à la base de la plupart de mes projets, y compris lorsque je me produis en quatuor, quintette, sextette ou, comme dans « Almah » [son album précédent, sorti en 2013], avec une section de cordes.”

Entouré de Nital Hershkovitz dont les doigts font merveille sur un clavier comme dans le splendide Halelyah et de Daniel Dor, au toucher d’une grande finesse à la batterie, Avishai Cohen signe ici un disque d’une rare puissance d’inspiration, alternant les couleurs musicales et les rythmes avec brio. De ses deux compagnons de route, le compositeur dit simplement : « “Depuis plusieurs années, Nitai ne cesse de faire évoluer son jeu et sa musicalité : il a l’âme d’un homme d’expérience dans le corps d’un garçon de 27 ans ! Ses compétences techniques sont étonnantes, mais ce n’est rien en regard de ces capacités expressives : il n’est pas de ceux qui se contentent de bavarder, mais de ceux qui énoncent toujours des paroles profondes. Quant à Daniel, alias “Dada”, ce géant cinglé et adorable, il a apporté dès nos premiers concerts une énergie dont j’ai Avishai_Cohen-57 T-1-Miluta M. Fluerassenti que nous ne redescendrions pas ! Il y avait tellement de vie, de joie, d’excitation… Il s’est installé dans ma musique à un endroit que j’aurais pu rejeter, et que j’ai au contraire embrassé pleinement. Entre Nitai et lui, il s’est aussi créé un espace commun et amical qui donne d’autant plus de force aux moments que nous partageons. Tous deux emportent ma musique dans des lieux et des perspectives que je ne soupçonnais pas : je ne peux pas rêver de mieux.

Même dans des formats plus longs sur des morceaux comme C# ou Ballad for an Unborn, l’osmose entre ces musiciens est totale et ne compte aucun dérapage. Loin de la noirceur évoqué par son titre, cet album explose de vitalité qui surgit dans des morceaux puissants comme Amethyst. Au final, l’artiste a choisi de finir avec tendresse en revisitant à sa manière  Smile, un standard de Charlie Chaplin.

Du travail d’orfèvre qui peut toucher aussi bien le féru de jazz que le découvreur de nouveaux horizons musicaux. Avishai Cohen est sur la route. Son trio fera notamment escale à Paris, à l’Olympia, le 1 avril 2015. Avec un tel album, le passage sur scène ne peut donner lieu qu’à des moments très forts.

(*) Razdaz Records

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