Il est libre Dimoné…

MMe-Blanche-2Il faut écouter Dimoné et son nouvel album au titre provocateur Bien hommé mal femmé (*). Doté d’une voix puissante et une belle imagination, cet artiste a de quoi toucher le public s’il se donne la peine de l’écouter.

Dimoné – alias Dominique Terrieu – fait partie de cette cohorte d’auteur-compositeur-interprète qui gagne leur notoriété en tournant dans bien des salles de l’Hexagone. L’ancien chanteur du groupe pop-folk Les Faunes a sorti cet automne un disque que l’on repère d’abord par sa pochette, déconcertante : celle d’un moustachu, façon Zorro des années 60, qui s’est fait une barbe… d’abeilles.  Il a expliqué : « C’est un apiculteur au Domaine de Villeneuve de Claret qui m’a proposé son espace et sa ruche. » Ensuite, il y a le titre, Bien hommé mal femmé, en forme de clin d’œil un brin machiste. Tout un programme pour un disque qui attire l’écoute. Et lui de répondre : « En dehors de ce barbarisme, il y a ce questionnement du genre qui me taraude. Je m’interroge sur les codes de la civilité, de la bienséance et du vivre ensemble ».

Au terme de quinze ans de présence musicale, et après un voyage en Mauritanie qui la marqué et inspiré, Dimoné signe ici un album de belle facture après le coup de projecteur du  grand prix de la révélation scène décerné par l’Académie Charles Cros en 2012. L’homme aime la liberté et le prouve avec ce disque auto-produit. « Le label est ma propre structure, Estampe, que j’ai montée pour pouvoir être solide au moment du démarchage » dit-il. De fait, cette liberté lui permet de se lancer dans des performances spécifiques, notamment dans certains quartiers de Montpellier, la ville où il réside. Notamment un projet collectif autour de Boby Lapointe, autre enfant du Sud, autre amoureux des mots.

Le rocker tendance grunge des débuts en groupe a cédé le pas aujourd’hui à un auteur-compositeur, solide dans son inspiration, et un interprète dont la voix profonde et belle a parfois des similitudes avec celle d’un Bashung. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter la ballade vitaminé de Encore une année. Un bel hymne pour passer le cap d’un nouveau millésime.

Musicalement, l’homme se débrouille de la bidouille avec des incursions de piano-jouet, de la sanza (ce piano à pouces venu d’Afrique) ou un melodica, des instruments qui accompagnent la bonne vieille guitare électrique dans ce voyage personnel.

Sur cet univers sonore, Dimoné raconte des histoires d’atmosphère dont le sens n’apparaît pas au premier accord de gratte : celles des tribulations d’un homme qui vit, désire, se paume un brin comme dans le récit d’une séparation sur décor de Venise. Et évoque aussi sa difficulté à aborder la Carte du tendre, comme pour écorner l’image virile qu’il dégage. Ainsi quand il dit dans Chanson d’amour  : « Il faut avoir bu un alcool fort/ Avant d’affronter ton corps« , en guise de Dimone_2014-10-04_@flavie-girbal-5267franc témoignage sur la perplexité de l’éternel masculin devant le mystère du corps féminin.

Et quand il fait un clin d’œil au New-York du 11 septembre dans Pas Manhattan, c’est pour mieux évoquer le quartier de la Paillade, à Montpellier où il avait emménagé, jeune, dans une tour avec ses parents.

Dimoné a repris le chemin de la scène dans l’Hexagone. Il serait dommage de ne pas aller découvrir ce joueur de mots et de sons en « live ». Un saltimbanque qui « déambule en homme libre » comme le montre le beau clip d’Un homme libre, signé d’un autre artiste original passé à la réalisation pour son ami :  Renaud Papillon Paravel.

(*)Disque L’Estampe/ L’Autre distribution

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