Ce qu’écrivaient les Poilus

fondEn cette année symbolique marquant les débuts de la boucherie de 14-18, François Guernier fait un original travail de mémoire avec De la boue sous le ciel, un nouveau disque consacré aux Poilus, sept ans après Une vie de bonhomme, où il officiait sous le pseudonyme de Tichot.

En treize poèmes écrits sur le front par des soldats, De la boue sous le ciel (*) nous plonge  dans le quotidien de la tranchée avec des mots simples, émouvants, ceux d’un quotidien de folie ordinaire. Il y est question  de la mort bien sûr, mais aussi des poux, de fraternité, d’héroïsme, de ces chansons qui ouvrent une parenthèse d’oubli du réel. Ainsi quand un certain Eugène Capdeville écrit : « Je compose en triste majeur/ Pour toi, chérie, une romance/ Qui finit dès qu’elle commence/ Tel le roman de notre cœur. »

Avec au cœur du projet, quatre poèmes poignants du soldat Paul Varlet qui ne peuvent qu’émouvoir, provoquer le trouble, cent ans après, loin des commémorations convenues. Par ces textes écrits par des hommes et des femmes confrontés à cette réalité, on perçoit le quotidien des Poilus. Symboliquement, la pochette signée des Chats Pelés (un collectif d’artistes qui œuvrent notamment avec Les Têtes Raides) met une lueur d’espoir et de couleurs dans cet univers sombre.

Le clip de « Le Copain », un des poèmes de Paul Varlet


L’intelligence de François Guernier, c’est de ne point avoir oublié les femmes – dont on sait aujourd’hui que la Grande guerre a bouleversé la vie et la fonction sociale – dans cette évocation. Cécile Périn a ainsi écrit un très beau texte sur l’insoutenable attente de l’homme qui est parti vers son destin dans Ce que les femmes ont 29,7 x 42 cmsouffert. « Nous, nous avions l’effroi, la prière ou le doute/ L’attente et le supplice indicible d’avoir/ A toute heure le cœur et la chair aux écoutes/ Et d’abriter la lampe où vacillait l’espoir. »

Découvert au Printemps de Bourges en 1987, ayant peaufiné son univers en assurant les premières parties de bien des artistes – de Olivia Ruiz à Sanseverino, via Tryo – François Guernier s’est musicalement bien entouré dans cette évocation aussi digne que puissante avec de beaux arrangements  portés par les cuivres du Quatuor Evolutiv Brass qui mettent en valeur ces poèmes vieux d’un siècle sans les écraser. Un univers à découvrir sur scène : l’artiste se produit notamment au théâtre de l’Essaion, à Paris, le 18 janvier.

Une autre manière de faire « revivre » la blessure de ce conflit dévastateur par des mélodies dont certaines ont subi les foudres de la censure comme La Chanson de Craonne, œuvre anonyme qui fut interdite par les autorités militaires pour ses paroles antimilitaristes.

A voir son concert émouvant au Chemin des Dames, en cliquant ici.

(*) Disque L’Autre Distribution

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