Le blues de Daran

Daran_pochetteAvec son nouvel album, Le Monde Perdu (*), Daran touche à l’essence de la musique et du blues en offrant des compositions dépouillées et qui vont à l’essentiel. Un ton très personnel.

maxresdefaultLa pochette est une invitation au voyage en solitaire avec ce paysage perdu de neige qui rappelle que Daran vit au Québec depuis plusieurs années.  «La morosité européenne pousse beaucoup de jeunes Français vers le Québec» a dit l’artiste après avoir mis les voiles sous l’ère de Sarkozy sans pour autant reposer son sac en France à l’heure de François Hollande. Là-bas, il a sans doute cultivé son amour du folk-blues américain quand unartiste peut faire voyager loin avec simplement une guitare, une voix et un harmonica.

Dès l’ouverture, avec Gens du voyage, Daran donne le ton d’un périple intimiste en évoquant le déplacement des populations et de ceux qu’elles subissent. « Gens du voyage/Nous on est pas du voyage/Du voyage/D’ailleurs sommes-nous vraiment des gens/Du voyage/Dans ce comique embouteillage ». Et dans la très belle Une sorte d’église, il dit encore ces vers qui évoque le désir de communier avec l’être aimé : « Je nous veux sans frontière sans limites et sans loi/Je veux te respirer te vivre et vivre en toi/Et croire qu’avant nous tout ça n’existait pas» Des histoires composées avec son vieux complice : Pierre-Yves Lebert.

Tout comme les folk singers américainset les joueurs de blues, Daran évoque en onze titres les joies et les douleurs, le travail, le respect de la nature…  dans des chansons dépouillées comme Le Bal des poulets, aux images fortes  sur fond de fermeture d’un abattoir, avec l’ombre de la mondialisation , ou encore Tchernobyl, à la description poignante à la manière du Springsteen de Nebraska.

C’est sûrement l’album le plus personnel d’un artiste qui se met à nu dans ces onze mélodies. Et qui dit : « Les maisons de disques ont toujours été frileuses avec un projet comme celui-là, mais comme aujourd’hui, je n’ai plus vraiment à rendre de comptes sur mes choix artistiques,  je l’ai fait. »

De fait, ce Monde perdu va l’essentiel, comme un objet artisanal longuement travaillé par son créateur. Depuis Dormir dehors, son premier succès en 1995, Daran a fait un joli bout de chemin en solo. Il commencera sa tournée début 2015 et fera halte à Paris au Café de la danse le 11 mars.  Daran y jouera encore sur les images et la vidéo avec la dessinatrice Geneviève Gendron. De quoi donner une autre dimension à l’errance musicale d’un artiste qui a aussi posé sa griffe récemment sur des chansons de Johnny Hallyday et de Maurane.

(*) Disque Le Mouvement des marées/ Washi Washa

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2 réflexions au sujet de « Le blues de Daran »

  1. Fan de la première heure, Daran a su sortir de » l’aquarium »,et continuer sa route contre vents et marées.
    Musicien reconnu dans le métier,Fidèle à lui même, et sincère,je suis sur que cet Artiste sera reconnu comme il se se doit du grand public.

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