Quand Guidoni redonne vie à Allain Leprest

jean-guidoni-paris-milanAvec Paris – Milan (*), Jean Guidoni rend un hommage splendide à l’écriture bouleversante et à l’univers d’Allain Leprest. Un interprète d’exception pour un répertoire puissant.

Paris-Milan, c’est douze titres inédits d’Allain Leprest mis en musique par son partenaire de toujours : Romain Didier. Jean Guidoni avait commencé son voyage dans Chez Leprest, un album tribute sorti en 2007 où il interprétait J’ai peur. Quand celui-ci est parti vers d’autres horizons en 2011, Guidoni a poursuivi l’aventure avec d’autres et participé au spectacle  hommage ; Où vont les chevaux quand ils dorment ?, avec, entre autres, Romain Didier. Un soir, durant les répétitions, Romain Didier lui a proposé de participer à l’enregistrement d’un disque d’inédits et, le lendemain, il lui a proposé l’exercice en solo. « C’était une occasion rêvée car c’est une mélodiste que j’adore. Romain  a beaucoup travaillé avec Allain. Et humainement, c’est quelqu’un de formidable. Romain me connaît, il m’a fait du sur-mesure » souligne Jean Guidoni.

Trente ans après son remarqué spectacle « Crimes Passionnels », Jean Guidoni promène son sens de l’interprétation sur les paroles de Leprest, leur offrant un éclairage singulier. Avec des vers comme ceux qui ouvrent la chanson-titre et qui résument le sens des mots de leur auteur –Horizontalement le sablier ne sert à rien/ C’est renversant »-  Guidoni donne ici la pleine mesure de son art d’interprète. Le ton est moins rugueux que chez Leprest, la voix plus velouté et la manière de dire plus distancié mais, justement, Jean Guidoni donne une tout autre résonance à des vers qui parlent de vie, de mort, d’espérance.  Et parvient à ne jamais en dire trop même sur un refrain qui donne dans le   « Putain  trainée salope« .

 Où vont les chevaux quand ils dorment ?, un reportage sur le spectacle


guidoniEt avec Juliette, il chante à deux voix, dans un petit miracle musical Trafiquants, au rythme chaloupé. Et puis, avec Dans le jardin de Gagarine s’établit un dialogue post-mortem entre deux artistes qui n’étaient pas nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Propos de Guidoni :  « Je viens, comme Allain, d’une famille populaire de communistes qui s’attendait à de beaux lendemains. La chanson parle de tous ces espoirs déçus. Je n’ai jamais été communiste mais je suis évidemment plus à gauche qu’à droite. »

Si le « Jour baisse toujours trop tôt« , notamment quand la maladie frappe à votre porte , Guidoni donne une deuxième vie – aussi superbe qu’émouvante – aux mots de l’ami parti s’absenter non sans avoir joué joliment avec les mots, même quand il s’agissait d’évoquer « Sur le plafond blanc ripolin / Des désopilants hôpitaux / Le jour baisse toujours trop tôt. »

Vous savez ce qu’il vous reste à faire si la tournée de Jean Guidoni passe près de chez vous…

 (*) Tacet/ L’Autre Distribution

Jean Guidoni sur France Inter pour « Paris-Milan »

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