Lisa Simone : une voix singulière

3760002143200_600Pas facile de se lancer dans la chanson quand on est la fille de Nina Simone. Avec All is well (*), Lisa Simone prouve qu’elle a eu raison de prendre son temps…

A 53 ans, Lisa Simone est la fille unique de la célèbre Nina Simone – disparue en 2003 – de quoi la décourager dans ses moindres ambitions musicales, tant sa mère a marqué l’histoire du jazz-rock. «Je suis fille unique et peu de monde connaît mon existence. J’ai une sorte de double absence à combler. Mais je n’ai pas soif de gloire ou de reconnaissance. J’ai soif de musique, j’ai soif de concerts», dit-elle. Avec All is well, elle parvient à exister pleinement sans être écrasée par l’ombre maternelle.

Elle signe la moitié des compositions d’un album enregistré en plein Limousin, dans le  studio du château de La Borie, grâce à la rencontre avec Jean-Michel Leygonie, directeur artistique de Laborie Jazz. Certaines de ses compositions comme Child in Me, date de plus deux décennies, c’est dire que Lisa Simone a pris son temps de faire venir ce disque à maturation. Mais, le résultat final est cet album, aux arrangements ciselées où la voix de l’artiste exprime une grande sensibilité et est capable des modulations les plus grandes comme le montre ses variations sur fond de solo de guitare dans la chanson-titre.

Il est vrai, Lisa Simone a pris le temps d’emprunter des chemins de traverse avant de revenir à la musique. Ainsi, elle a mené en parallèle le métier d’assistante en ingénierie au sein de l’US Air Force  et celui de vocaliste, raflant notamment deux prix du Broadway Theater. Et, en 2009, elle a participé à une tournée en hommage à sa mère avec Lizz Wright, Dianne Reeves et Angélique Kidjo.

D’une enfance, où elle a vu défiler dans la maison familiale bien des figures du militantisme noir – de Myriam Makeba à James Baldwin, ou l’auteure Lorraine Hansberry, devenue sa marraine –  elle a gardé une certaine conscience politique dont porte trace une chanson comme Revolution. « Le mot révolution vient du terme révolte (…)
Le peuple se soulève pour Lisa_Simone_at_Stockholm_Jazz_Fest_2009dire ça suffit ! », note t-elle. Au détour d’une mélodie, elle rend un bel hommage à cette mère pas comme les autres et qui lui fit vivre une vie pas vraiment classique dans Child in Me où elle dit : « Tu as sacrifié/Une vie normale/Pour l’amour de ton peuple/Et des droits civiques »

Accompagnée par un orchestre remarquablement inspirée, sur des arrangements brillants du musicien et guitariste sénégalais, Hervé Samb,  Lisa Simone ne manque pas aussi les reprises offrant une version chaloupée du Suzanne, de Leonard Cohen que Autumn Leaves, le tube de Prévert et Kosma. Sans oublier sa version du poignant hymne à la liberté de Nina Simone, Ain’t Got No.

De passage au New Morning, temple du jazz parisien le 19 novembre, Lisa Simone a pris le chemin des tournées pour faire partager son univers si personnel. Et sa force d’interprétation. Tout va désormais bien pour elle…

(*)Abeille musique

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