David McNeil : un lézard se réveille

mcneilOn avait oublié qu’il avait une telle plume. Avec Un Lézard en septembre (*), et après deux décennies de silence,  David McNeil prouve qu’il faut toujours compter avec lui et cet univers aux mots ciselés sur des mélodies délicates.

Il a écrit pour les plus grands noms de la chanson – Hollywood (Yves Montand); J’veux du cuir (Alain Souchon), Mélissa (Julien Clerc)- mais il est aussi passé de l’ombre à la lumière et joué les premiers de la scène.

On se souvient de son splendide concert de  1997 dont un album porte à jamais l’empreinte  : Olympia 97 (avec Souchon, Clerc, Voulzy, Le Forestier, Charlebois, Renaud… Et David McNeil sait aussi écrire en grand. Il suffit pour s’en convaincre de (re)lire le bel hommage 821292378dédié à son père, le peintre Chagall, Quelques pas dans les pas d’un ange, sorti chez Gallimard en 2003. Un fils qui avait longtemps caché cette ascendance. Il souligne : « Mon père aurait été blessé. Ça lui a plu, je crois, que je ne joue pas les fils de... » Pour l’anecdote, son célèbre peintre de père aurait dit un jour à Bill Wyman, l’ancien bassiste des Rolling Stones, qui le photographiait  : « Vous savez, mon fils aussi chante. » 

Après une belle dépression, l’addiction à l’alcool et un crabe, le voilà de retour avec un album où, fidèle à son style, il raconte  d’une écriture nerveuse de courtes histoires sur fond de mélodies country, de blues décalé dans des versions acoustiques splendides… Avec, comme chanson titre, une belle référence à Lao Tseu. Le temps qui passe et les pépins de santé n’ont pas ôté à l’homme son sens de l’humour et de la dérision : il le prouve avec Trente ans C.F.A., où l’ami Souchon vient donner de la voix à son côté. Et lance goguenard, « A trente ans C.F.A./ Il faudrait être fat/ De penser qu’à cet âge/ On peut rester volage/ Sans Aston, sans Alpha/ Sans ces bars à sofas/ Où la robe se dégrafe à / L’étage… »

Et quand il évoque le corps féminin de l’autre aimée, c’est pour signer des variations subtiles sur la pointe d’un sein dans les vers de Deux boutons d’or. Voix chaude et profonde, l’artiste n’a pas oublié de convier un autre « chum », l’ami Charlebois, pour la belle ballade de Jim et Jules. Avec pour finir sur la pointe des pieds, un hommage à une musique qui lui colle à la peau, Sur douze mesures d’un même blues.

Peintre des émotions, David McNeil sait distiller une atmosphère de douce mélancolie. Et, comme il aime le partage, il a convié du beau monde en coulisses, côté chœur et cœur : Ours (Charles) et Pierre Souchon, Julien Voulzy, Mathieu Chedid, qui fit ses premiers pas de guitariste avec lui, ou encore Françoise Hardy. C’est élégant, raffiné, poétique. On est heureux de retrouver McNeil avec une telle inspiration.

(*)Disque Parlophone

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