Prisca, un groupe qui sait voyager

Prisca-cover-page-001Entouré de quelques invités de marque, Prisca signe un album tonique en diable : Tas de ferraille (*). L’ancien groupe « Coup de cœur » du Chantier des Francofolies de la Rochelle, a aujourd’hui trouvé ses marques. Et offre un voyage musical chaleureux et ouvert aux autres.

Au départ du voyage, on trouve Mahfoud Bettayeb, un chanteur né à Paris et qui, après avoir retrouvé l’Algérie de ses racines à la fin des années 1980, a posé un temps ses valises à Toulouse au début des années 1990 avant de tailler la route en Argentine. Marqué par tous ces voyages, de retour définitivement à Toulouse,  il s’entoure de solides compères  musiciens pour créer Prisca à l’orée des années 2 000.

Une décennie plus tard, influencé par bien des tournées en France mais aussi dans l’Europe de l’est et l’Afrique, Prisca a nourri de toutes ces influences Tas de ferraille, un beau disque métissé. S’il donne dans la reprise avec une version vitaminée du Potemkine, de Jean Ferrat, le groupe sait aussi faire œuvre originale avec des chansons en forme de voyage doux-amer dans le monde tel qu’il va.

Des couplets toniques en forme de tranche de vie avec Au Massicot, à l’écriture ciselée, Je veux dormir. Souvent, la poésie des mots donne du sens à la colère contenue dans certains couplets. Au passage, Prisca a invité quelques voix marquantes pour l’accompagner dans l’aventure. Leader des Têtes raides, Christian Olivier pose son timbre puissant sur On est quand Leny Escudero dit, avec la fougue qu’on lui connaît, les mots pacifistes de La Guerre, une des chansons fortes du disque.

Les rivages étrangers sont aussi présents ici avec la présence du grand chanteur gambien Tul Bero dans Keloo, à l’envoûtante mélodie. « Moi je rêve les yeux ouverts et ça parfois ça me rend beau« , chante Prisca. Avec un tel disque, le groupe donne envie de le suivre dans cette vie rêvée. Et nous invite aussi à  retrouver à se mobiliser pour  une société plus fraternelle et plus ouverte aux autres.

Une chose est sûre : s’inscrivant dans la grande tradition de la chanson réaliste française, Prisca prouve que l’on peut vouloir chanter aussi pour réveiller un peu les consciences. Et le groupe  conclue son voyage par une comptine, qui donne son titre au disque, pas si naïve que ça… même si elle a tout pour faire chanter les enfants.

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(*) Disque WTPL. Pias
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