Manset ne voyage pas qu’en solitaire

0825646299294_600Pour son vingtième disque, Un oiseau s’est posé (*),  Gérard Manset a accepté de faire un bout de route avec d’autres artistes pour revisiter son abondant répertoire.

L’homme Manset est un oiseau farouche. Auteur de chanteur mais aussi romancier inspiré – son livre dédié à Bashung en 2011 chez Gallimard, Visage d’un dieu inca, le prouve-  Gérard Manset n’a jamais sauté le pas de la scène, toujours fuit télévisions et médias sans pour autant détourner de ses rivages une foule d’admirateurs. « J‘aime les choses codées, que l’auditeur ait un effort à faire » dit-il, laconique.

En 1996, ses pairs avaient  fait un bout de chemin dans ses œuvres avec Route Manset, avec des personnalités aussi différentes que Dick Annegarn, Francis Cabrel ou Salif Keita. Ayant quitté sa maison de disque des origines, EMI, pour Warner, Gérard Manset où il sans doute négocié une paix certaine. Dans cette album double,  Manset dirige les opérations et  propose une « revisitation » d’une vingtaine de chansons de son abondant répertoire. A l’écoute, on est frappé par la précision de la voix de Manset qui n’a jamais eu les moyens de concurrencer les crooners de tout poil mais affirme ici son timbre singulier. Ce retour aux sources frappe par des arrangements originaux, plus charnels qui mettent en valeur des textes anciens comme Rouge-gorge. Et sur des riffs racés de guitare, il repose sa voix sur un titre mythique de sa discographie datant de 1968, Animal on est mal, grâce à l’envie du groupe belge DEUS.

0Car, un des charmes de ce disque -outre le travail sur les orchestrations pour ces réenregistrements-  c’est d’avoir invité quelques chanteurs à ce voyage. Ainsi Mark Lanegan (ex du groupe Queen Of The Stones) l’accompagne dans une version splendide de Elégie funèbre dans la langue de Shakespeare (Cover Me With Flowers of Mauve). Quant à Raphael, il glisse son élégance vocale dans Toutes choses. Plus de quatre décennies après son seul vrai tube, Il manset_redvoyage en solitaire, il parvient à lui donner une deuxième vie en deux langues, en compagnie de son guitariste américain Paul Breslin. Et ce No man’s land motel grandiose sonne plus blues que nature avec les accords d’un dobro qui incarne toute la mélancolie du monde. « Il y a des succès que certains traînent comme un boulet toute leur vie ; moi, il m’accompagne », dit-il.

L’homme qui dit encore « Ce que je chante n’est pas compatible avec le collectif » dans une récente interview à Télérama permet, par cet album, d’offrir un voyage rajeuni dans son univers toujours dense, parfois mystérieux, en tout cas inspirant. Manset est un cas à part dans la chanson hexagonale. Qu’il le reste !

(*) Disque Warner Music

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