Jo Dahan met de la couleur dans le rock

On connaissait l’ancien bassiste de la Mano Negra, l’auteur nominé aux Césars 2013 pour la musique originale de Camille redouble. Jo Dahan débarque en solo avec son premier album, tonique et non dénué d’humour : C’étatt mieux avant (*).

Il y a du beau monde autour de Jo Dahan comme Philippe Teboul, un ami d’enfance, ancien percussionniste de la Mano Capture d’écran 2014-06-05 à 19.17.52Negra et batteur de Manu Chao, qui est à la batterie sur six des douze chansons de C’était mieux avant. Ou encore France Cartigny, chanteuse et batteuse sur quatre autres. Dès la chanson titre, il donne le « la » d’un album aux sonorités solides et aux textes où l’absurde le dispute à un humour un brin corrosif. En passant au premier plan, Jo Dahan n’a pas hésité, on l’entend, à ne pas se prendre au sérieux et on retrouve le style du gaillard de la Mano Negra dans cet opus en solo.

Tout a démarré pour lui dans les années 80 à Paris où Jo grandit dans le milieu rock alternatif. Après un premier groupe Les Casse-Pieds, où officie déjà Philippe Teboul, il vit une rencontre déterminante avec Manu Chao. Avec Manu, ils  imaginent d’abord des canulars médiatiques avec « La Poubelle des stars » : ils font croire qu’ils trouvent dans les poubelles des vedettes des objets revendus ensuite avec un beau bénéfice. Ils auront même droit à un coup de pub de Jean-Pierre Pernaut, présentant dans Combien ça coûte ? « la canette de Mick Jagger ».

Le projet ne sera pas lancé en grand car une grande aventure les attend : c’est l’aventure tonitruante de la Mano Negra et le triomphe que l’on connaît pendant cinq ans. Un groupe qui a marqué à tout jamais l’histoire du rock français.  On se souvient de Jo  oscillant du chef en lançant les notes de Pas assez de toi quand la Mano déboulait en scène.

A la fin du groupe en 1994, Jo Dahan ne s’est pas endormi sur ses lauriers. Au cinéma, il a même fait des apparitions : l’employé des pompes funèbres dans Louise Michel; un client au restaurant dans Mamuth, toujours signé Delepine-Kervern. Il est vrai, le style et l’humour de Jo Dahan se marie bien avec l’univers absurde et déjanté du duo de réalisateurs. Musicalement, un  temps guitariste des Wampas à compter de 1997, il quitte le groupe par un commun désaccord après sept ans d’aventure…  On le retrouve ensuite dans l’équipe de Groland, travaille avec Gaëtan Roussel pour la BO du film Louise Michel. Avant de bosser sur l’album Ginger, toujours de Gaëtan Roussel, sacré disque de platine. Il ne lui restait plus qu’à se lancer en solo : c’est chose faite. MLX_1308132143.jpgAvec ce premier opus, Jo Dahan promène sa voix un brin éraillé dans un univers rock, teinté d’un soupçon de punk, sans renier l’héritage du rockabilly avec un titre comme Silence please où il s’amuse à évoquer le bonheur quand… il arrête de chanter. Il sait encore lancer des couplets contre le cynisme avec Enfant d’salauds ou l’on sent l’influence d’un Renaud ou signer un hymne à l’amour un brin décalé, avec une rythmique solide, dans Elle y croit.  Le tout se termine par une poétique promenade dans La Rue de Belleville, qui « disparaît au loin« , en forme de promenade dans un carte du Tendre citadine.

Aujourd’hui, Jo Dahan a repris le chemin de la scène. Un rocker en solo qui mérite d’être découvert et qui a suffisamment de métier pour tracer un bout de chemin en solo.

(*) Because Music

 

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