Le « Brazil », ce n’est pas que le foot !

Capture d’écran 2014-05-19 à 13.56.50C’est un groupe classique qui détonne. Le Quatuor Ebène le montre une fois encore avec Brazil (*), un nouvel album où il signe des versions très personnelles de mélodies connues, parfois moins, et ont invité des complices de scène : la chanteuse Stacy Kent et Bernard Lavilliers.

Depuis sa création en 1999, le Quatuor Ebène n’a pas choisi les voies « tracées » du classique. Créé en 1999 au conservatoire de Boulogne-Billancourt, ce groupe n’a eu de cesse que de miser sur la polyvalence et de marier  classique,  musique contemporaine et  jazz. Avec Brazil – rien à voir avec le brouhaha du football mondial- il s’attaque à un répertoire métissée, aux accents de bossa nova,  avec talent et inspiration.

Ceux qui ont pu voir ce quatuor pas très classique sur scène en compagnie de Bernard Lavilliers en 2010 savent combien ces quatre musiciens peuvent donner un nouveau souffle à une mélodie. J’ai le souvenir notamment d’une Salsa pas vraiment catholique mais qui avait du relief. Lavilliers les retrouve sur ce disque brillant pour des adaptations de O Gringo; Salomé, Guitar Song.  Grande voix du jazz américain, Stacy Kent s’est glissée, elle,  dans So Nice, The Ice Hotel ou, plus étonnant encore, I Can’t Help It, de Stevie Wonder et Susaye Greene, rendue célèbre dans le monde entier par un certain Michael Jackson ! Dans le livret du CD a pochette, ces musiciens ont écrit : « Notre vie en quatuor est jalonnée de rencontres, les voyages et les concerts sont autant d’occasions pour les musiciens d’échanger, de rêver et d’imager de futures aventures. »

Il y a aussi des mélodies transfigurées par le Quatuor comme le fameux Libertango, œuvre du roi du bandonéon moderne, Astor Piazzolla, et qui prend des couleurs particulières sous les archets des ces trois violonistes et d’un quatuor-ebene-verbier-festival_d_1_jpg_720x405_crop_upscale_q95violoncelliste qui n’ont décidément peur de rien. Le tout se terminant en beauté par Brazil Odyssey où le Brazil String Orchestra est venu leur prêter main forte. Avec, au détour du CD, un choix étrange -mais le défi est réussi- avec Smile, une musique signée Charlie Chaplin en personne.

Au final, Brazil apparaît comme un disque original, sensuel bourré d’inventivité. Dans le livret du disque, Bernard Lavilliers revient sur le bout de  route faite avec cette bande. Il écrit : « On dit quatuor, musique de chambre, de salon, ces quatre-là n’ont rien de sédentaire et musicalement sont ensorcelés par le latin – j’en connais d’autres… Voilà ces quatre diables peuvent encore faire rêver, danser, aimer, souffrir et puis sourire. » Ce n’est déjà pas mal comme programme !

(*) Disque Warner Classics/ Erato

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