Brassens : un brassage sans frontières

91vCVp+o6RL._SL1378_Seize artistes internationaux, venus de Colombie comme de Mongolie, revisitent l’univers de Brassens dans un disque intéressant, Echos d’aujourd’hui. Des interprétations inégales mais qui permettent de redécouvrir l’univers du créateur  du Testament.

Trois décennies après sa mort, Brassens ne peut décidément pas être réduit à l’image du bonhomme qui s’avançait sur scène, posait son pied sur un tabouret et interprétait ses chansons, à l’écriture ciselée, dans une atmosphère épurée pour guitare et contrebasse. Car l’univers musical du poète-chanteur peut inspirer des arrangements riches comme fait redécouvrir la compilation Brassens, échos d’aujourd’hui(*), une série de reprises surprenantes et souvent inspirées.

L’aventure a débuté, il y a deux ans, à Bobigny, dans la banlieue parisienne, lors d’un concert du festival Africolor, comme le souligne Emile Omar . Ce pilier de Radio Nova, Initiateur de l’affaire, a un choc durant le concert du  chanteur réunionnais Danyèl Waro. Il raconte :  « Il a fait une reprise maloya de la « Mauvaise Réputation » en expliquant que Brassens a été une influence majeure sur sa musique. Soufflé par la beauté de cette chanson, j’ai commencé à récupérer plein d’autres reprises de Brassens.« 

Après un premier disque sorti en 2011, Brassens, échos du monde, Emile Omar a continué sa quête et ce nouvel album  offre quelques morceaux savoureux qui prouvent que les mélodies du Sétois moustachu supportent, haut la main, des arrangements différents : Yael Naim signe une belle version en hébreu des Amoureux des bancs publics; Herman Dune célèbre en anglais Dans l’eau de la claire fontaine et le Mongole Enkhjargal Dandarvaanchig donne son interprétation gutturale avec son chant diphonique du Roi, en ouverture de l’opus.accueilNe connaissant pas au départ pour la plupart l’œuvre de Brassens, ces artistes se promènent en liberté dans cet univers poétique et on peut que rester sous le charme de ce disque même si toutes les interprétations ne sont pas du même niveau ainsi avec la version des Philistins, signée Olly Nyman qui n’apporte pas grand chose à l’opus. Ils expriment au final une vraie liberté de ces artistes qui offrent des reprises qui sont tout sauf convenues comme dans bien des reprises de classiques. Ainsi, l’auditeur découvre autre chose qu’une simple copie des chansons de Brassens dans cet album qui lui donne une seconde jeunesse. Et ne s’attaque pas qu’aux incontournables de l’artiste.

Pour Emile Omar, l’histoire ne s’arrête pas là et il veut s’attaquer à de nouvelles versions de Brassens, avec, cette fois, des voix francophones. Une chose est sûre : l’univers de ce chanteur est assez riche pour supporter bien des audaces musicales.

(*)Fanon Records/ Autre Distribution

 

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